L’UE veut muscler la lutte contre la pédopornographie avec une agence à La Haye

Le Conseil de l’Europe affirme qu’un enfant sur cinq a été victime de violences sexuelles. Et les cas ont augmenté pendant les confinements liés au Covid-19, une augmentation de 64 %, l’observatoire britannique Internet Watch Foundation. Pour y faire face, l’Union européenne (UE) veut désormais généraliser la lutte contre les violences sexuelles et les abus à l’encontre des enfants avec la création d’une agence exclusivement dédiée.

De notre correspondant à Bruxelles,

La Commission européenne affirme que 85 millions d’images et de vidéos d’abus sexuels sur des enfants ont été identifiés à travers le monde, rien que pour l’année de 2021. La commissaire Ylva Johansson, chargée des Affaires intérieures, propose désormais d’imposer aux plateformes numériques de prendre leurs responsabilités… car elles en ont les moyens :

Nous échouons actuellement à protéger les enfants aujourd’hui. Mais avec cette proposition, aucune victime, aucun rescapé ne pourra voir un contenu le concernant continuer à circuler sur internet. Les entreprises ont volontairement détecté tous ces contenus depuis plus d’une décennie ; c’est principalement partagé dans des communications directes. Et quand elles en détectent, elles les effacent et les signalent. Selon les rapports, pour l’UE et ses États membres, il y a eu une augmentation de 6 000 % des signalements ces 10 dernières années. Et le contenu qui a le plus augmenté est celui qui concerne les enfants de 7 à 10 ans.

90 % de la pédopornographie hébergée en Europe

Actuellement, les entreprises se basent sur les instruments légaux existants pour protéger les enfants, les mêmes outils qui leur permettent de déceler les pourriels (c’est-à-dire les « spams »), ainsi que les logiciels malveillants. Ceci est toujours légal dans les pays de l’Union européenne (UE), et c’est l’intérêt des entreprises, des fournisseurs d’accès, ou encore des gestionnaires de réseaux sociaux.

Mais la Commission propose de rajouter tout ce qui a trait aux abus sexuels contre des enfants aux cas où la surveillance automatique est autorisée par la loi. Tout ceci parce que, selon elle, 90 % du matériel pédopornographique est hébergé dans des serveurs européens.

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Dispositif de protection… tout en évitant les critiques d’une surveillance de masse

Un tel dispositif est aussi destiné à éviter une critique que la Commission craint qu’on lui fasse : de transformer internet en une sorte de « Big Brother » géant où le moindre message personnel serait passé au crible. La commissaire Ylva Johansson dit craindre une attaque en règle des lobbys de la protection de la vie privée et de ceux des « géants de la tech », soit les géants d’internet.

Mais pour la commission, les outils de l’intelligence artificielle sont désormais suffisamment au point pour déceler le matériel pédopornographique… sans pour cela faire intrusion dans la vie privée de la majorité des internautes

Une nouvelle agence pour lutter contre la pédopornographie basée à la Haye

L’UE veut créer une nouvelle agence pour lutter contre la pédopornographie sur la Toile et la baser dans la ville qui héberge toutes les institutions de la justice internationale : la Haye. Pour la Commission, le phénomène a pris une telle ampleur qu’il faut un corps permanent pour le juguler, soit une agence de prévention et de surveillance qui sera basée à la Haye et pourrait donc collaborer sur place avec Europol, l’agence européenne de police.

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