L’UE a suspendu son aide à la formation de la police birmane après le putsch

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Le soutien financier de l'Union européenne à la police birmane, contrôlée par l’armée, est devenu délicat après le coup d’État militaire du 1er février, qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi. Le bloc, qui s’était engagé à former la police birmane en 2016, en dépensant des dizaines de millions d’euros sur le projet, aurait annoncé la suspension de son aide le 7 février, selon l’ONG Burma Campaign UK.

L’Union Européenne (UE) avait commencé un programme de formation de la police birmane en 2012 et l’avait poursuivi malgré les exactions contre les Rohingyas, qualifiées par l’ONU de génocidaires en 2017, et les preuves de l’implication des forces de police dans ces massacres avec l'armée.

Pour Mark Farmaner, le directeur de l’ONG Burma Campaign UK, basée à Londres, l’Union Européenne a fermé les yeux bien trop longtemps sur ce qu’il se passait en Birmanie :

« Il semblerait que l’approche de l’Union européenne ait été d’essayer d'apporter son soutien à l’armée dans ce qu’elle disait être une transition démocratique. En réalité, l’UE fermait parfois les yeux lorsqu’il s’agissait d’inquiétudes liées aux droits de l’Homme, comme pour les Rohingyas, ou les arrestations et les détentions répétées de prisonniers politiques. L’UE pensait que se rapprocher de l’armée et du gouvernement serait la meilleure façon de pouvoir exercer une influence positive, et nous en avons toujours été sceptiques, nous avons toujours dit qu’il fallait un terrain plus favorable au progrès dans le pays avant d’apporter un soutien. Mais l'Europe a persisté malgré les inquiétudes des Birmans. »

Mark Farmaner regrette qu’il ait fallu un coup d’État pour que l’Union Européenne cesse ses activités de formation de la police, qui est sous la tutelle de l'armée.

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