L’UE suit de près les élections législatives en Italie

Les Italiens se préparent à se rendre aux urnes dimanche pour des élections législatives. A Bruxelles, les institutions européennes suivent de près l'évolution politique de la troisième puissance économique de l'UE.

La guerre en Ukraine, la crise énergétique et la politique migratoire risquent de mettre à l'épreuve les liens entre Rome et l’Union.

"C'est un grand pays, avec une grande économie et une voix qui porte au sein de la politique européenne. Par conséquent, tout ce qui se passe à Rome, tout ce qui se passe en Italie a un impact direct à Bruxelles, et toute la dynamique des négociations de toutes les grandes politiques européennes dépend de qui est au pouvoir à Rome", explique Doru Frantescu, directeur d’EU Matrix.

Certains des prétendants au poste de Premier ministre, comme Enrico Letta du Parti démocrate, Giuseppe Conte du Mouvement 5 étoiles et Silvio Berlusconi de Forza Italia, ont déjà occupé cette fonction par le passé.

En revanche Matteo Salvini de La Ligue et l'étoile montante de l'extrême droite, Giorgia Meloni des Frères d'Italie, apparaissent comme l'inconnue. Si les deux candidats****extrémistes ont adouci le ton de leur discours, ils demeurent perçus à Bruxelles comme, au mieux eurosceptiques, et au pire opposés au projet européen.

"Sur l'économie et la migration, ils vont peut-être essayer de briser le consensus au sein de l'Union ou bien rendre les compromis et la prise de décision plus difficiles", explique Eric Maurice, responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman.

"Si l'on prend l'exemple de la Pologne et de la Hongrie, lorsque la droite radicale arrive au pouvoir, l'Etat de droit et la démocratie sont remis en question. C'est un problème pour l'ensemble de l'Union européenne", ajoute-t-il.

Les responsables européens ne veulent pas commenter les politiques nationales, mais il règne généralement une atmosphère d'appréhension lorsqu’un nouveau gouvernement aux comportements imprévisibles peut arriver au pouvoir. Toutefois, quel que soit le nom du prochain Premier ministre italien, il ou elle devra de toute façon discuter avec les responsables européens.