L’Ouzbékistan déplore l’ampleur des pillages dans ses musées

L’Ouzbékistan déplore l’ampleur des pillages dans ses musées

S’exprimant lors d’une session gouvernementale sur l’état de l’industrie du tourisme, le 26 avril, le président de l’Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, a tiré la sonnette d’alarme : le pays fait face à “un vol massif d’artefacts dans les musées”, rapporte le site Eurasianet.

En trente ans, depuis l’accession de ce pays postsoviétique à l’indépendance, en 1991, “quatorze musées ont perdu quelque 3 000 objets de valeur culturelle, d’un montant total estimé à 355 millions de dollars”, a affirmé le chef de l’État.

Mirzioïev a soulevé cette question après avoir reçu un rapport sur l’inspection d’un complexe muséal dans la ville historique de Khiva. Il a été constaté que, dans 101 cas, “les pièces exposées ne correspondaient pas à la description, ce qui implique que des objets authentiques ont pu être volés”. D’après les images publiées par l’inspection d’État sur son compte Telegram, parmi les objets volés figurent armes légères, récipients en métal, vêtements, pièces de monnaie et une récompense militaire datant du début de la période soviétique. Au moins 81 objets contrefaits ont été découverts dans un autre musée, à Boukhara.

Création d’un inventaire numérique

Pour mettre fin à ce pillage, le président a ordonné la création d’un inventaire numérique universel de tous les musées du pays. Le bureau du procureur général et le ministère du Tourisme et du Patrimoine culturel ont été chargés de cette tâche herculéenne.

Si le vol généralisé d’œuvres d’art et de trésors culturels n’est plus un secret depuis de nombreuses années, le sujet est revenu sur le devant de la scène en décembre 2021, lorsque le site ouzbek Kun.uz a rapporté qu’au moins cinquante-six manuscrits et six lithographies auraient été volés dans la bibliothèque de l’Université nationale Mirzo Oulougbek.

Les documents, dont la disparition aurait été découverte en 2019, comprenaient de précieux manuscrits médiévaux, dont “certains datant du XIIIe siècle”. Ces objets “ont probablement été revendus à l’étranger”.

Rien n’arrête les pilleurs : “Il arrive même qu’ils cassent et revendent des éléments de finition des édifices”, écrit Eurasianet. En 2020, le journal britannique The Guardian rapportait que le British Museum coordonnait le rapatriement vers l’Ouzbékistan de six faïences datant des XIIIe et XIVe siècles volées dans le complexe commémoratif Chah-e Zendeh, de Samarkand. Selon le journal, les faïences, cachées dans une valise, avaient été introduites clandestinement au Royaume-Uni via Dubaï.

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