L’origine de la nouvelle hépatite chez les enfants reste un mystère

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(Photo: aldomurillo via Getty Images)
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SANTÉ - Mais d’où vient-elle? Les scientifiques traquent en ce moment l’origine d’une épidémie d’hépatite sévère qui touche les jeunes enfants. Depuis l’alerte lancée vendredi 15 avril par l’OMS après 74 cas d’hépatite infantile recensés principalement au Royaume-Uni (mais aussi en Espagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis), les cas suspects s’accumulent et deux enfants français présentent des symptômes. “Deux cas d’hépatite aiguë dont l’étiologie est encore indéterminée ont été signalés par le CHU de Lyon”, indiquait ce mardi 19 avril Santé publique France (SPF).

L’organisme de santé se veut pour l’instant rassurant: “Les cas d’hépatite aiguë d’étiologie indéterminée chez l’enfant ne sont pas rares. La survenue de ces deux cas n’est pas inattendue et ne témoigne pas, à ce stade, d’un excès de cas en France (...)”. Il n’empêche que cette épidémie “doit être prise au sérieux”, déclare le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe. D’autant plus que les causes habituelles provoquant une hépatite chez l’enfant ont été exclues.

Les causes habituelles exclues

Habituellement, les enfants ne tombent pas gravement malades lorsqu’ils sont touchés par une hépatite, une inflammation du foie. Cette fois-ci, la maladie semble plus virulente. Deux enfants sur neuf touchés en Alabama ont subi une greffe du foie, a annoncé vendredi le département de la santé publique de l’État.

Par ailleurs, l’hépatite s’attrape normalement par l’un des cinq virus de l’hépatite A, B, C, D ou E. Mais aucun des enfants britanniques ou espagnols n’était infecté par un de ces virus “classiques”. Après avoir éliminé cette piste, les scientifiques se penchent maintenant sur d’autres hypothèses.

La piste privilégiée est celle d’un adénovirus. Près de la moitié des enfants malades au Royaume-Uni sont positifs à ce type de virus, tout comme les neuf enfants infectés en Alabama.

Ce virus respiratoire provoque des vomissements, des symptômes de rhume ou des conjonctivites, mais rarement une hépatite. Il pourrait donc s’agir d’une nouvelle variante d’adénovirus, expliquent des chercheurs écossais dans la revue Science: “Une variante présentant un syndrome clinique distinct ou une variante circulant couramment qui affecte plus gravement les jeunes enfants”. Mais pourquoi les enfants seraient aujourd’hui plus affectés par ces adénovirus? L’épidémie de Covid-19 pourrait l’expliquer.

Un lien possible avec le Covid-19

Les confinements ont peut-être fragilisé le système immunitaire des enfants, suggèrent les scientifiques. Les plus jeunes seraient plus vulnérables aux adénovirus suite aux isolements à répétition l’année dernière. “Nous constatons une recrudescence des infections virales infantiles typiques lorsque les enfants sortent de l’isolement, ainsi qu’une recrudescence des infections à adénovirus”, déclare dans Science Will Irving, virologue clinicien à l’Université de Nottingham.

Et s’il s’agissait d’un symptôme direct et encore inconnu du Covid-19? Les chercheurs ne l’excluent pas. Des enfants atteints de cette hépatite ont été testés positifs au Sars Cov2 après leur prise en charge à l’hôpital. Le vaccin contre le Covid-19 est en revanche mis hors de cause, aucun des enfants contaminés au Royaume-Uni n’était vacciné.

Outre les causes infectieuses, les chercheurs n’écartent pas l’origine environnementale ou alimentaire. Les enfants ont pu être contaminés par de l’eau ou des aliments mal lavés par exemple. Cette explication est toutefois mise en doute par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’organisme indique qu’un questionnaire transmis aux enfants britanniques touchés révèle qu’aucun n’avait ingéré un aliment ou une boisson permettant d’identifier une intoxication commune.

L’ECDC invite également les médecins à être attentifs aux cas d’hépatite aiguë chez les enfants de moins de 16 ans et de les signaler lorsque les tests excluent une infection par les virus de l’hépatite A, B ,C, D, ou E.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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