L’ONU met en garde contre une possible “catastrophe” à la centrale nucléaire de Zaporijjia

ANDREY BORODULIN / AFP

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence jeudi, à la demande de la Russie, pour discuter du sort de la centrale de Zaporijjia, cible de bombardements incessants depuis plus d’une semaine et source d’inquiétude grandissante pour la communauté internationale.

Invité à s’exprimer devant le Conseil par visioconférence, le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a une fois de plus souligné la nécessité, pour son agence, de pouvoir inspecter la centrale. “L’heure est grave et l’AIEA doit être autorisée à conduire sa mission à Zaporijjia dès que possible”, a-t-il déclaré, cité par la BBC. “Le temps presse”, a-t-il martelé.

“La Russie a exprimé son soutien à une telle visite”, écrit le New York Times. Le gouvernement ukrainien, en revanche, “ne l’a pas officiellement approuvée, peut-être par crainte qu’elle ne légitime, d’une manière ou d’une autre, l’occupation de la centrale” par les forces russes, ajoute le quotidien.

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, est tombée aux mains des Russes début mars, aux premiers jours de l’invasion de l’Ukraine. Son fonctionnement quotidien reste cependant assuré par du personnel ukrainien, supervisé par des soldats russes.

“Situation sous contrôle”

L’agence nucléaire ukrainienne Energoatom a déploré de nouveaux bombardements, assurant que la centrale avait été touchée à dix reprises sur la seule journée de jeudi. Les frappes se seraient dangereusement rapprochées “du site où le matériel radioactif est stocké”, rapporte Al-Jazeera, “mais personne n’a été blessé et la situation à la centrale restait sous contrôle”.

Energoatom accuse naturellement la Russie d’être à l’origine des bombardements et de “continuer à détruire méthodiquement l’infrastructure” de la centrale. Moscou assure au contraire que ce sont les forces ukrainiennes qui visent les installations.

“Un seul obus isolé pourrait avoir des effets désastreux”, confirme le New York Times. “Mais entre les combats et les revendications contradictoires, il est difficile pour les observateurs indépendants de savoir ce qu’il se passe” vraiment à Zaporijjia.

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