L’“Ocean Viking” accostera à Toulon, mais la France promet des mesures de rétorsion à l’Italie

PHOTO / VINCENZO CIRCOSTA / AFP

D’un côté, il y a la bonne nouvelle du débarquement à venir, mais de l’autre, on distingue déjà le spectre d’un épisode qui va laisser des traces dans les rapports entre Rome et Paris.

Jeudi 10 novembre, lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé que la France allait bien permettre au navire Ocean Viking d’accoster sur ses côtes, et plus précisément à Toulon. Après trois semaines en mer, les 234 migrants sauvés par le bateau de l’ONG SOS Méditerranée pourront donc enfin toucher terre, après le refus de l’Italie de les faire débarquer.

Comme le rapporte le Corriere della Sera, Darmanin a parlé d’une décision prise “à titre exceptionnel”, en raison de “l’attente en mer que les autorités italiennes ont fait subir aux passagers”. Une attitude, celle du gouvernement de droite qui s’est récemment installé à Rome, qui a visiblement irrité Darmanin, puisque celui-ci a parlé d’un “choix incompréhensible”, et d’un État qui ne s’est pas comporté de manière “responsable”, relate le quotidien centriste.

Des jugements moraux qui seront suivis d’actes concrets à en croire le ministre de l’Intérieur, qui a annoncé comme mesure de rétorsion, la suspension “à effet immédiat” de l’accueil prévu d’ici l’été 2023 de 3 500 réfugiés se trouvant actuellement en Italie. Pire, Darmanin a invité les autres États européens qui avaient pris des engagements similaires avec Rome, “et notamment l’Allemagne, à en faire de même”.

Concrètement, Paris invite donc à interrompre le mécanisme de relocalisation des migrants débarqués que l’Italie avait obtenu en juin de cette année, après avoir longuement réclamé une solution européenne de ce type.

Mais en quoi consiste ce mécanisme de solidarité exactement ?

“Celui-ci a été signé en juin dernier par 18 pays de l’UE et trois pays hors-UE, détaille dans un autre article le Corriere della Sera, qui explique qu’il s’agit, d’un mécanisme visant à mettre en œuvre des relocalisations sur base temporaire et volontaire en faveur des États les plus exposés aux routes migratoires, comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce.”

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