L’Occident inerte face à la dette des pauvres

Les choses n’étaient pas censées se passer ainsi. Le plan de réduction de la dette lancé il y a deux ans par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale semblait marquer le début de la fin des problèmes d’endettement de certains des pays les plus pauvres du monde. Mais la promesse initiale d’une action décisive a fait place à l’inertie. Le scénario est désespérément habituel. La crise asiatique s’étendant, le groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) a réagi avec une détermination extraordinaire, mobilisant plus de 100 milliards de dollars et faisant des entorses aux règlements du FMI pour voler au secours de la région. Comparés à cet effort, les 5 milliards de dollars [environ 30 milliards de FF] nécessaires à la mise en œuvre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés, soit une vingtaine en Afrique, représentent une misère.

Seuls l’Ouganda et la Bolivie seront sélectionnés en 1998

Pourtant, quand il s’agit de traiter de l’endettement de l’Afrique, les chamailleries mesquines des créanciers, l’obstructionnisme pur et simple, et un attachement apparemment indéfectible aux règles les plus obscures sont à l’ordre du jour. Pour que l’initiative soit de nouveau crédible, il faut désormais qu’il y ait une volonté politique de la recadrer dans une stratégie coordonnée de lutte contre la pauvreté. Le but est de ramener le fardeau de la dette à des niveaux supportables pour les pays à faible revenu, c’est-à-dire de faire en sorte que le remboursement de la dette n’absorbe pas plus de 25 % des recettes d’exportation et que le ratio encours de la dette/exportations (en valeur nette actuelle) n’excède pas 200-250 %.
La force de ce plan réside dans le fait que, pour la première fois, toutes les catégories de créanciers sont appelées à participer à l’allégement de la dette. Pour l’Afrique, à faible revenu, dont le ratio de l’encours de la dette atteint environ le double du “seuil d’endettement soutenable”, de 200 à 250 %, cet allégement est essentiel à la réussite des réformes économiques. Les défauts majeurs du plan résident dans les conditions à remplir pour en bénéficier. Il faut, au préalable, mettre en œuvre deux programmes successifs du FMI, ce qui peut prendre jusqu’à six ans. Seuls deux pays, l’Ouganda et la Bolivie, seront sélectionnés en 1998. La plupart des autres devront attendre jusqu’à l’an 2000 et au-delà. Parmi eux l’Ethiopie, où les efforts de reconstruction sont entravés par une dette de 5 milliards de dollars et où les progrès en matière de réduction de l’endettement sont freinés par un désaccord avec le FMI. Le soutien massif apporté par les donateurs aux réformes économiques engagées par le gouvernement éthiopien n’a rien changé.

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