L’Italie s’inquiète de la violence «anti-vax» face à l'extension du passe sanitaire aux trains

·2 min de lecture

La violence des « anti-vax » italiens s’accentue depuis quelques jours, avec l’extension de l’obligation du passe sanitaire pour les trajets longs à l’intérieur du pays, qui entre en vigueur mercredi 1er septembre. Après des menaces et agressions contre des journalistes et médecins, les différents groupes veulent bloquer l’accès aux quais dans une cinquantaine de gares et en découdre avec les autorités.

De notre correspondante à Rome,

L’initiative pour tenter de bloquer l’accès aux trains, organisée à travers des groupes Telegram difficilement contrôlables, fait suite à de récentes manifestations au cours desquelles deux journalistes ont été menacés de mort et roués de coups, à Milan et Rome.

Plusieurs milliers d'unités anti-émeutes ont été mobilisées, mais les forces de l'ordre savent que gérer la galaxie des « anti-vax » est très complexe. D’où le risque d'un climat incandescent, à quelques jours de la rentrée dans les écoles, où le passe sanitaire sera également obligatoire pour tout le personnel scolaire.

Des « anti-vax » menaçants, proches des fascistes et de l’extrême gauche

Les « anti-vax » sont une frange de la population plutôt limitée : 70% des résidents italiens âgés de plus de 12 ans ont achevé leur cycle de vaccination. Mais cette frange est très hétérogène, puisque l'obligation du passe sanitaire touche plusieurs catégories sociales et professionnelles.

Cela dit, la rébellion est clairement alimentée par des groupes néo-fascistes, comme Forza nuova, ainsi que par des ultra-radicaux de gauche. Notamment des sujets proches d'anciens membres des Brigades rouges.

À lire aussi : Italie: la police démantèle un réseau de trafic de faux passes sanitaires

Toute cette mouvance ne se contente pas de manifester et d'agresser la presse : il a y une véritable chasse à l'homme contre des spécialistes du Covid-19. Parmi eux, le professeur génois Matteo Bassetti - dont toute la famille est menacée - et le virologue milanais Fabrizio Pregliasco - bombardé d'insultes sur son portable. Et puis, on ne compte plus le nombre de médecins de famille victimes de harcèlement.

Le gouvernement se mobilise pour démanteler des réseaux d’incitation à la haine

Jusqu'à présent, les autorités ont navigué à vue face à cette escalade de violence. D'ailleurs, même le siège du gouvernement n'est pas à l'abri d'attaques : mardi 31 août, un des groupes Telegram dénommé « Basta dittatura » (soit « La dictature, ça suffit »), a divulgué des numéros de téléphone réservés… dont celui du bureau du président du Conseil Mario Draghi.

La ministre de l'Intérieur Luciana Lamorgese a décidé de réunir les responsables du Centre de coordination contre les actes d'intimidation. L'objectif est de rattraper le temps perdu, en utilisant tous les moyens possibles pour démanteler les réseaux d'incitation à la haine contre ceux qui défendent la vaccination, au service du bien commun.

À lire aussi : Italie: la nostalgie du clan Mussolini fait encore tomber des têtes politiques

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles