«L’Islande est plus égalitaire, mais le combat doit continuer»

Libération.fr

Maríanna Traustadóttir, de la Confédération islandaise du travail, revient sur les luttes féministes de son pays.

En 1975, ces pionnières de l’égalité que sont les Islandaises envoient bouler leur boulot et manifestent. Une première mondiale. Le 24 octobre dernier, elles ont à nouveau fait grève, avec un taux de participation à faire fondre un fjord : 25 000 femmes dans les rues de Reykjavík (sur une population de 338 000 Islandais). Dix-neuf foyers de manifestation dans le pays, y compris dans des petits villages. Pourquoi ? Comment ? Entretien avec Maríanna Traustadóttir, spécialiste des questions d’égalité et d’environnement au sein de la Confédération islandaise du travail (ASI) qui représente 54 % des salarié(e)s du privé.

En France, les femmes s’apprêtent à faire grève ce 8 mars pour un écart de salaire de 26 % avec les hommes. Vous avez déjà fait grève en octobre. Vos salaires sont-ils aussi inférieurs à ceux des Islandais ?

En mai 2015, les Islandaises, qu’elles travaillent dans le public ou le privé, gagnaient 7,8 % de moins que les Islandais. Mais durant l’été 2016, il est apparu que le fossé s’était creusé : 10 % dans le privé et 17 % dans le public. En lien avec les organisations féministes, nous avons décidé de réagir. Pendant quatre semaines, nous avons travaillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour organiser cette grève. Après le scandale des «Panama Papers», il devait y avoir des élections législatives anticipées, le 29 octobre. Nous avons voulu marquer le coup et faire entendre la voix de l’égalité le lundi précédant ces élections. Et puis, dans notre pays, le 24 octobre est traditionnellement le «Women’s Day Off» (Kvennafrì).

Cela remonte à 1975 ?

Oui. Les Nations unies avaient décrété 1975 année internationale de la femme ; les Islandaises ont voulu y prendre part. Et insister sur tout ce qu’elles faisaient pour leur pays, qu’il s’agisse d’un travail rémunéré ou à la maison. En 1975, elles étaient aussi 25 000 en grève, mais pour une (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Le 8 mars, une légende et un symbole
C’est la lutteinfinie
Le P’tit Libé Comment est élu le président ?
De la BD au manuel de survie, un nouveau féminisme
Exaspération

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages