L’islam radical n’est pas en odeur de sainteté

Meurtre d’un enseignant américain et attentat suicide en Mauritanie, enlèvement de deux diplomates canadiens au Niger, assassinat d’un touriste britannique et d’un colonel malien au Mali. Depuis un an environ, le désert semble proposer une version violente de l’islam dans les régions modérées de l’Afrique de l’Ouest. Ces actes, revendiqués par le groupe extrémiste Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), seraient commis en majorité par des Algériens en Mauritanie. Mais leur base arrière se situerait au Mali, un pays qui de­meure résolument modéré et où la plupart des habitants rejettent l’extrémisme, qu’ils jugent étranger et trop violent. Le pays fait aussi figure de test depuis que le gouvernement a accepté des dizaines de millions de dollars d’aide américaine pour parer à une menace croissante de radicalisation dans les régions d’Afrique à majorité musulmane.

“L’extrémisme ne prend pas très bien auprès de la population locale”, déclare un membre du ministère des Affaires étrangères américain. “Mais le problème a pris de l’ampleur au cours des trois dernières années, en particulier en 2009… Il faut se pencher là-dessus.” Pour l’heure, le désert qui s’étend entre l’Afrique arabe et l’Afrique noire a moins servi de porte à l’expansion vers le sud de l’islam radical que de rempart contre celle-ci. Certains analystes considèrent qu’on exagère le danger. Le Mali est un pays laïc où l’on sert de l’alcool, où le jeu est répandu. Les portraits du président Obama y sont omniprésents et le sentiment antiaméricain peu fréquent. Les femmes voilées sont rares. “Nous ne voulons pas d’une république islamique”, affirme Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique, une fédération d’organisations religieuses implantée à Bamako. “Nous ne voulons pas la charia, ni couper les mains des gens.”

L’organisation se finance en enlevant des occidentaux

L’islam majoritaire au Mali est issu du soufisme, qui est assez conservateur sur le plan social mais plutôt tolérant. Mais, selon plusieurs diplomates occidentaux, les imams étrangers voient leurs rangs se gonfler, et le gouvernement n’a pas vraiment d’emprise sur ce qu’on prêche dans les mosquées. Par ailleurs, l’armée est faible et ne peut pas grand-chose contre les islamistes qui franchissent aisément les frontières invisibles du désert. Les fréquentes sessions d’entraînement dirigées par l’armée américaine pour renforcer l’armée malienne ne sont pas “très efficaces”, confie un diplomate en poste à Bamako.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles