L’irrévérent Topor 2017, année de célébration

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Topor est mort. Topor est vivant. C’était son anniversaire la semaine dernière : vingt ans de son absence. Apparemment. Ceux qui l’ont connu entendent encore son rire. Ah, le rire de Roland Topor. Tonitruant, propre à repousser la peur et la noirceur du monde. Vingt après sa mort, le 16 avril 1997, lui qui était pourchassé par le fisc, qui souffrait d’être mésestimé, a droit à une exposition institutionnelle dans un saint des saints (1). Ses pièces disséminées ont été patiemment collectées et rassemblées pour être épinglées sur les murs, avec son visage animé et rigolard sur les vidéos. Cette perspective lui aurait sans doute donné des idées de crobards, peut-être son propre corps dépecé, un œil, une main, son nez, cloués comme des ailes de papillon. Car c’est là une réelle rétrospective de tous les reliefs de son talent, l’avant, l’arrière, les à-côtés et les bas-côtés. Au même moment, il figure en bonne place à la Maison rouge, à la grande exposition «L’esprit français. Contre-cultures 1969-1989», avec son poing dans la gueule, la Planète sauvage et son Marquis dialoguant pied à pied avec son sexe, Colin.

Les œuvres de Topor ne laissent pas indifférent. Elles peuvent rebuter. Les corps sont mis à rude épreuve, exsudent, sécrètent, se métamorphosent… «Ses dessins parlent de l’inconscient, des sens cachés, de tout ce que l’éducation nous apprend à cacher de l’animalité du désir, des tabous, dit Alexandre Devaux, un des co-commissaires de l’exposition . Il nous le remet dans le nez.»

Rue du Corbeau

L’histoire familiale pendant la guerre éclairerait cette liberté totale. Le père Abram, artiste juif émigré de Pologne avec sa femme, a été emprisonné à Pithiviers pendant la guerre, s’est échappé puis s’est caché. Mais la propriétaire de leur logement rue du Corbeau, qui avait déjà dénoncé leur nounou, surgissait en permanence, passant les enfants à la question ; Topor n’avait que 4 ans, sa sœur un petit peu plus. «C’est assez marquant pour la conscience de jeunes enfants (...)

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