Quand l’Iran se coupe de la Toile pour isoler ses activistes... et révèle une fracture profonde

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Cet article est à retrouver dans le "Carnet des médiologues", où vous pourrez retrouver Régis Debray et sa bande chaque semaine.

Dans le flot d’images de foules en colère qui prolifèrent sur les écrans, l’information est passée presque inaperçue. L’Iran a coupé l’accès à Internet aux environs du 16 novembre, pour étouffer la contestation domestique en ligne. Mais aussi pour interdire de communiquer avec l’extérieur (envoyer des vidéos de la répression à l’étranger, recevoir conseils et encouragements des démocraties...). Constat : un pays sous embargo qui n’est ni le plus riche, ni le plus technologiquement avancé du monde peut s’isoler, numériquement parlant.

Pour mémoire, en 2009, lors de la « vague verte » de protestation qui suivit l’élection d’Ahmaninedjad, des téléphones mobiles avaient enregistré l’agonie de la manifestante Neda Agha Soltan et l’avaient transformée en icône planétaire. À l’époque, Libération titrait « la révolution Twitter ? ».

Printemps arabes ?

Deux ans plus tard, au moment du Printemps arabe en 2011, l’interprétation dominante était que les dictateurs seraient comme condamnés par le développement des réseaux 2.0 : les « jeunes », forcément libéraux et ouverts, avec l’aide de blogs (pour lancer les idées), de Facebook (pour se rencontrer), de Twitter (pour se coordonner dans la rue) et des

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