«L’insurrection» fait du sentiment

Libération.fr

Ah, qu’il est loin le temps où l’ultragauche faisait peur, où une ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, alertait du risque terroriste et où les médias, Libération aussi, embrayaient bille en tête. Désormais, chaque nouvelle production du Comité invisible fait l’objet de recensions dans la presse qui se dispute la publication des bonnes feuilles. Souvenez-vous, fin 2008 : des caténaires sont endommagées sur plusieurs voies ferrées, des trains sont arrêtés. Le gouvernement communique comme si la Nation était en danger et les policiers arrêtent et accusent de tous les maux une bande d’intellos communistes vivant en partie à Tarnac, belle petite commune de Corrèze. L’un d’eux, Julien Coupat, est alors présenté comme le cerveau de toute l’opération, le Machiavel du plateau de Millevaches. Neuf ans plus tard, d’inconséquences de l’enquête en montages grossiers de la part des services de renseignements, rien n’a été prouvé. Fin janvier, la justice a fini par requalifier l’affaire et par enterrer les fantasmes d’un foyer insurrectionnel.

Plus que les dégradations de caténaires n’ayant jamais mis en danger aucune vie, c’est le pamphlet poético-politique L’insurrection qui vient qui avait permis d’alimenter les fantasmes. Publié sans fard ni trompette par la Fabrique en 2007, la médiatisation de l’affaire Tarnac avait entraîné une explosion des ventes de cet opus qui dressait un constat lapidaire du désagrégement de notre société capitaliste et de son effondrement à venir. Signé le Comité invisible, l’ouvrage fut attribué à Coupat et à sa bande qui nièrent et nient toujours en être les auteurs, n’obligeant pas forcément le lecteur à les croire. D’ailleurs, que cela soit Coupat, Godot, Maldoror, un groupe, vous ou moi, cela n’a pas beaucoup d’importance : l’anonymat n’effraie plus personne et de Fauve à Catastrophe en passant par PNL, il est même devenu, malheureusement, un instrument marketing.

La vie étant bien faite, et sans doute est-ce un hasard, plus les ennuis (...)

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