L'insulte «douche» ou «douchebag», ça veut dire quoi?

Brian Palmer

Si vous regardez régulièrement en VO des films ou des séries américaines, vous avez dû repérer un terme qui revient souvent: douche ou douchebag. Que veut dire cette insulte? Nous publions la traduction d'un article de Slate.com sur le sujet.

Décédé le 1er mars, le chroniqueur conservateur Andrew Breitbart y allait rarement avec le dos de la cuillère, et certains journalistes ont donc suivi son exemple dans leurs nécrologies. Dans Rolling Stone, par exemple, l'article de Matt Taibbi sur Breitbart s'intitule «Death of a Douche» («mort d'un connard»). Depuis quand ce terme (qui désigne littéralement une «poire vaginale», «poire à lavement») est-il devenu une insulte?

Dans les années 1960. Le Dictionnaire historique de l'argot américain fait remonter l'origine de l'injure à une compilation de termes argotiques universitaires recueillis à Brown, en 1968; le mot y est défini comme «une personne qui ne fait jamais ce qu'il faut faire».

L'insulte douchebag est un peu plus ancienne. En 1939, dans le roman Ninety Times Guilty («99 fois coupable»), un maquereau s'appelle Jimmy Douchebag et, toujours selon le Dictionnaire historique de l'argot américain, l'usage de l'adjectif péjoratif remonte à un article publié en 1946 et portant sur l'argot militaire. La définition proposée est «quelqu'un d'inapte au service».

«Terme médisant générique»

Aujourd'hui, personne ne sait vraiment ce que cela signifie de traiter quelqu'un de douche ou de douchebag. Selon le Oxford English Dictionary, dans son sens dépréciatif, douchebag correspond à un «terme médisant générique» ou, plus spécifiquement, à «une personne peu séduisante et ennuyeuse».

Par rapport à l'usage actuel du terme, ces définitions sont visiblement carrément à côté de la plaque. Dans Rolling Stone, par exemple, Taibbi n'avait pas l'intention de dépeindre Breitbart comme un rabat-joie, vu qu'il louait le talent du défunt commentateur pour faire le show. De même, Taibbi ne se référait probablement pas à l'apparence de Breitbart (bien qu'il mentionne son «visage (...) Lire la suite sur Slate.fr