PODCAST - L’instant où... j’ai voulu arrêter le terroriste de Nice

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Des personnes déposent des fleurs et des messages à la mémoire des victimes, le 17 juillet 2016 à Nice, trois jours après un attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet sur la Promenade des Anglais - Valery HACHE © 2019 AFP
Des personnes déposent des fleurs et des messages à la mémoire des victimes, le 17 juillet 2016 à Nice, trois jours après un attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet sur la Promenade des Anglais - Valery HACHE © 2019 AFP

C’est un homme discret, qui sera resté longtemps dans l’ombre de Franck Terrier, "le héros au scooter". Après avoir protégé son anonymat pendant cinq ans, Gilles Gamberi est prêt à livrer son récit de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés.

Ecouter ce nouvel épisode du podcast de Dominique Rizet

Ce soir-là, cet ancien cheminot assiste au feu d’artifice avec des amis, quand un mouvement de foule attire son attention.

"Quelques minutes après le feu, on entend un gros fracas à quelques mètres de nous. Quand je me retourne, je vois passer une masse blanche, et juste après des cris d’effroi."

Moniteur de canyoning et secouriste aguerri, Gilles Gamberi va alors faire preuve d’un sang-froid hors du commun. Il se précipite pour venir en aide aux victimes, comme il le raconte à Dominique Rizet, dans ce nouvel épisode du podcast L’instant où.

"On n'avait que nos mains pour essayer de les aider, les installer le plus confortablement possible, essayer de les réconforter, et faire le tri entre ceux pour qui on pouvait apporter de l’aide, et ceux pour qui on ne pouvait rien faire."

À cet instant, le secouriste pense encore à un gros accident de la circulation. Alors que le camion termine sa course à une centaine de mètres de lui, Gilles s’élance vers le poids lourd pour venir en aide au conducteur, qu’il imagine victime d’un malaise.

"Je décide de monter sur le marchepied pour ouvrir de l’intérieur, parce que la vitre était baissée, et au moment où ma tête arrive à la hauteur de la fenêtre, je suis braqué par une arme."

Menacé de mort, Gilles tente de se battre avec le terroriste pour le désarmer, avant de sauter du marchepied pour se mettre à l’abri. Depuis sa cachette à l’arrière du poids lourd, il va de nouveau être déterminant pour mettre fin à l’attentat. Il est celui qui indiquera à un policier la position dans la cabine du terroriste, qui va faire feu à plusieurs reprises.

Évacué du secteur par la police après avoir passé plusieurs heures aux côtés des blessés, Gilles va apporter un témoignage qui sera très vite pris au sérieux par les enquêteurs, et corroboré par des vidéos. Une preuve matérielle, qui va l’aider sans sa reconstruction.

"Le plus dur, c’était de savoir si ce que je disais, ce que je pensais avoir vécu, était vrai, ou si c’était mon cerveau qui enrobait les choses. Au bout de deux ou trois mois, j’ai senti qu’il fallait que je me fasse aider."

Après deux ans de thérapie, Gilles s’est senti prêt à lever l’anonymat qu’il avait imposé en livrant son récit à la police. Son témoignage au micro de Dominique Rizet est à retrouver dans le nouvel épisode de notre podcast L’instant où, disponible sur le site et l’application BFMTV, et sur toutes les plateformes de streaming.

Article original publié sur BFMTV.com

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