“L’Instant où … j’ai tué pour de l’argent”, nouvel épisode du podcast de Dominique Rizet

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L'instant où - BFMTV
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>> Ecoutez l'épisode du podcast L'instant où... j'ai tué pour de l'argent.

Une peine de perpétuité, ça laisse du temps pour réfléchir. Condamné à l’âge où certains passent le permis, Jean-Rémi Sarraud a eu tout le loisir de retracer le parcours de vie sinueux qui l’a poussé à commettre un meurtre, et à se rendre complice d’un deuxième.

Dans cette affaire tragique dites du “trio diabolique”, le scénario d’extorsion tourne au crime de sang. En décembre 1984, trois jeunes tout juste majeurs tuent deux hommes par appât du gain. Jean Rémi Sarraud faisait partie de ce “trio diabolique”. Il livre son témoignage au micro de Dominique Rizet dans ce nouvel épisode de L’instant où.

A l’origine, une enfance compliquée marquée par l’instabilité du foyer, et beaucoup de questionnements sur sa famille et sa véritable identité: “Avec le temps et les recherches, j’ai appris que j’étais ce qu’on appelle un bâtard puisque je suis l’enfant de l’amant de ma mère. Le reste je sais pas.”

Récupéré par ses grands-parents paternels pendant sa petite enfance, il est élevé à la campagne. “J’ai grandi avec de sublimes grands-parents. Tout ce que j’ai eu de bon en moi c’est ma grand-mère et mon grand-père qui me l’ont transmis.”

A 22 ans, un habitué du crime

Mais à 9 ans c’est tout son univers qui s’effondre, il est récupéré par son père et déménage à Paris. D’un naturel bagarreur, délaissé et plus ou moins livré à lui-même, il suit le schéma classique du jeune délinquant : mauvaises fréquentations, décrochage scolaire et petits larcins pour de l’argent facile.

A 22 ans, ce n’est plus un criminel amateur mais un habitué des braquages qui commet le vol de moto qui va faire basculer sa vie. Cette moto, c’est celle de Laurent Hattab, son opposé, un jeune homme des beaux quartiers prêt à tout pour s’encanailler. Les deux hommes se lient, et Laurent Hattab lance alors l’idée d’un cambriolage chez des connaissances du quartier du Sentier à Paris. “Laurent était mal vis à vis de son père. Parce que son père c’est quelqu’un qu’est parti de rien. Donc Laurent avait un rêve de réussite et pour ça il lui fallait beaucoup d’argent.”

Un plan est mis sur pied, et c’est là que Valérie Subra entre en scène. Jolie jeune fille de 18 ans et petite amie de Laurent, elle servira d'appât. Son rôle? Séduire des célibataires, se faire inviter chez eux, puis s'arranger pour faire entrer ses complices, Laurent et Jean-Rémi. “On les bâillonne, on les attache, le scénario il se met comme ça en place. Et puis comme on était des pieds nickelés, le mec s’est aperçu que Valérie et Laurent, ils étaient en cheville quoi. Ca s'est vu... donc la solution c’est d'éliminer ce type là”

Les policiers n’ont pas tardé à les identifier

Le premier cambriolage ne débouche pas sur le butin espéré, et le trio décide de repasser à l’acte, quelques jours plus tard. L’assurance que cette fois ça va marcher parce que “tu sais que t’as déjà tué pour 3 francs 6 sous: deux trois Rolex, un peu d’argent liquide, pour que dalle quoi.” Leur seconde tentative sera une seconde déception.

Le deuxième meurtre n’était pas censé se produire. Mais voilà, encore une fois, leur impréparation va coûter la vie à une seconde victime, car Valérie Subra lui a donné son vrai nom, et son numéro de téléphone. La police serait rapidement remontée jusqu’à eux. La décision se prend rapidement, et c’est Laurent qui s’y colle.

Dans leur frénésie aveugle, ils auront au moins eu raison sur un point: les policiers n’ont pas tardé à les identifier. Les meurtres n’auront pas suffit à couvrir leurs traces. Un troisième coup se préparait. Ils n’auront heureusement pas le temps de le mettre à exécution. Le trio est arrêté le 20 décembre 1984. “Arrivé à Bastille, c'est là que je me suis fait saucissonner … Je me suis rapidement retrouvé avec un flingue dans la bouche en fait... Ca je m’en rappelle.”

Article original publié sur BFMTV.com

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