L’injection de soufre dans l’atmosphère va-t-elle nous sauver du réchauffement climatique ?

Nathalie Mayer, Journaliste
·2 min de lecture

« Injecter du soufre dans la stratosphère permet de rafraichir la planète. Nous en sommes certains. Cela se produit naturellement lors d’éruptions volcaniques. Un an environ après l’éruption du Pinatubo (Philippines) en 1991 — qui a injecté 15-20 Mt de dioxyde de souffre dans la stratosphère —, par exemple, nous avons vu les températures moyennes mondiales baisser d’environ 0,5 °C », nous raconte Slimane Bekki, chercheur au CNRS, en introduction.

Comment ça marche ? Rappelons d’abord que la stratosphère est une région de l'atmosphère qui se situe au-dessus de 8 et 15 kilomètres d’altitude ; une région particulièrement stable sur le plan météorologique comparée à la troposphère qui se trouve en dessous, entre la surface de la Terre et la stratosphère. Ainsi dans la stratosphère, les circulations d’air sont lentes. « Le soufre, qui y est injecté, est oxydé et produit des aérosols qui y restent parfois pour des années, alors que, par comparaison, le soufre et les aérosols sont rapidement éliminés par les pluies dans la troposphère, nous fait ainsi remarquer Slimane Bekki. Les aérosols stratosphériques jouent ainsi un peu le rôle d’autant de miroirs miniatures qui diffusent le rayonnement solaire, en réfléchissant une partie vers l’espace ». De quoi refroidir efficacement la planète.

De prime abord, la technique de géoingénierie solaire — ou d’intervention climatique, comme préfère l’appeler Slimane Bekki — qui consiste à gérer le rayonnement solaire qui nous arrive en s’appuyant sur des aérosols stratosphériques apparaît donc comme la solution miracle au réchauffement climatique anthropique. Mais « il n’en est rien », nous prévient Slimane Bekki. « Ce que certains qualifient de plan B peut tout juste être considéré comme une manière de gagner du temps. » Car les chercheurs le savent : les effets collatéraux d’une injection de particules soufrées dans la stratosphère pourraient, in fine, s’avérer plus néfastes encore que le réchauffement...

> Lire la suite sur Futura

À lire aussi sur Futura