Comment l’infodémie révèle la crise de nos systèmes de croyance

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En période d'angoisse sur l’avenir et de restriction des libertés, nous sommes submergés de chiffres, d’affirmations d’experts qui se contredisent, de corrélations qui ressemblent à des causes, des spéculations et des projections qui sont de véritables pièges à biais cognitifs, explique le médiologue François Bernard-Huyghe.

Que toute grande épidémie s’accompagne de rumeurs portant sur ses causes, ses mécanismes, ses responsables, ses remèdes… nous le savons au moins depuis la grande peste d’Athènes (- 430). L’histoire sanitaire fut rythmée de théories que nous dirions aujourd’hui complotiste (ainsi, en 1 340 à Strasbourg, l’empoisonnement des puits par les juifs). La peste de Camus décrit une ville bruissant de rumeurs et en quête de boucs émissaires.En période d’angoisse sur l’avenir et de restriction des libertés, il n’y a sans doute rien de surprenant à ce que nous soyons psychologiquement réceptifs à tout ce qui fait miroiter un espoir ou assigne une cause à nos malheurs.Pièges à biais cognitifsS’ajoute un facteur purement cognitif : nous sommes submergés de chiffres, d’affirmations d’experts qui se contredisent, de corrélations qui ressemblent à des causes, des spéculations et des projections qui sont de véritables pièges à biais cognitifs. Comment un simple citoyen crut-il comme Orwell que "La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre ; lorsque cela est accordé, le reste suit" peut-il rationnellement juger de l’utilité comparée des...

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