L’inflation flambe à son plus haut niveau depuis près d’un quart de siècle en Turquie

Courrier international

Une hausse de 73,3 %. L’inflation est un fléau en Turquie, qui affiche en mai un nouveau record, à “son plus haut niveau depuis 1998”, porté par les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, selon Handelsblatt. Selon les experts, “les prix à la consommation vont continuer d’augmenter aussi vigoureusement dans un futur proche”.

Les biens et les services ont “connu leur plus forte hausse depuis près d’un quart de siècle”, selon les données délivrées vendredi 1er juin par l’Office turc des statistiques. “Les prix dans le secteur des transports (dont fait partie l’essence) ont plus que doublé, atteignant 108 %. Les denrées alimentaires (92 %) coûtent également presque deux fois plus cher qu’en mai 2021”, détaille le quotidien économique allemand.

Pour le Financial Times, cette inflation folle est la preuve que la “stratégie peu orthodoxe du président Recep Tayyip Erdogan pour gérer l’économie du pays se retourne contre lui”. Alors que les prix à la consommation “sont devenus une source de mécontentement croissant au sein de la population”, le président turc, “farouche opposant aux taux d’intérêt élevés”, a exigé de la banque centrale qu’elle réduise “à plusieurs reprises” les coûts d’emprunt au cours des derniers mois, “malgré la hausse de l’inflation”, explique le quotidien économique britannique. Pour Recep Tayyip Erdogan, une lire bon marché et un rebond des exportations permettraient de réduire la hausse des prix “en éliminant le déficit commercial de longue date du pays”.

Mais la lire a perdu 44 % de sa valeur par rapport au dollar l’an dernier, et, “depuis le début de l’année, son cours s’est encore effondré”, note Handelsblatt. Pour le quotidien allemand, de plus en plus “d’économistes et, selon les sondages, de consommateurs soupçonnent que l’inflation est plus élevée” que ce qu’annonce l’Office des statistiques.

Il n’est pas certain que cette très mauvaise nouvelle pour les consommateurs turcs soit éclipsée par la nouvelle appellation du pays aux Nations unies. Ankara demandait depuis décembre que le pays ne soit plus appelé Turquie, en français, et Türkey, en anglais, mais Türkiye. “Dans les couloirs de l’ONU, qui a accepté mercredi [1er juin] de reconnaître ce changement”, le pays s’appelle désormais Türkiye”, rapporte CNN. Une façon, selon le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, “d’accroître la valeur de la marque de notre pays”. En anglais, türkey désigne aussi la “dinde”, une connotation qu’Ankara jugeait par trop négative.

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