L’Inde refoule de plus en plus de chercheurs étrangers

Photo David Peterson/Pixabay/CC

De plus en plus d’universitaires étrangers se voient refuser leur visa pour aller en Inde. Les mesures “semblent correspondre à un schéma plus large” des autorités indiennes utilisant divers moyens pour restreindre la liberté des chercheurs, selon un groupe de défense des droits universitaires.

À Londres, le Times Higher Education évoque le cas de Lindsay Bremner, professeure d’architecture et d’urbanisme à l’université de Westminster, et celui de Filippo Osella, professeur d’anthropologie et d’études sud-asiatiques à l’université du Sussex. Ces deux chercheurs ont obtenu un visa, mais quelques heures après être arrivés en Inde, ils se sont vus refoulés. Ni l’un ni l’autre n’ont obtenu d’explication. Chacun venait depuis de nombreuses années en Inde pour son travail. Filippo Osella a même dû reprendre l’avion avec lequel il était venu sous escorte policière.

Même des universitaires d’origine indienne, ayant la Citoyenneté indienne d’outre-mer (OCI), peuvent se voir refuser l’entrée sur le territoire. Le Times Higher Education en mentionne une (sans la nommer). Elle a déclaré que des responsables officiels avaient menacé de révoquer son droit de voyager en lien direct avec sa critique du gouvernement “sur la base de fausses allégations d’activités clandestines”.

“Je crois qu’ils essaient de me menacer et de m’intimider parce que j’ai fait des déclarations critiques à l’égard du gouvernement national et des gouvernements des États [de la fédération indienne] dans les médias.”

Selon la professeure Bremner, il “semble y avoir une tendance” au-delà des cas personnels. Pour le professeur Osella, les exemples sont nombreux mais beaucoup de chercheurs préfèrent ne pas faire de bruit afin de ne pas compromettre leurs chances de retourner un jour en Inde et pour ne pas mettre en danger des collaborateurs locaux.

Daniel Munier, responsable principal du plaidoyer pour le Scholars at Risk Network, a déclaré que les mesures “semblent s’inscrire dans un schéma plus large et étalé sur plusieurs années” du gouvernement indien qui entend utiliser “divers moyens pour restreindre et punir les activités académiques ou publiques qu’ils trouvent répréhensibles”.

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