L’Inde participe à reculons à un exercice militaire avec la Russie et la Chine

Cinquante mille soldats, 140 avions et 60 navires de guerre sont déployés depuis jeudi 1er septembre par la Russie, l’Inde et la Chine. Un exercice militaire conjoint, à haute teneur politique pour Moscou, mais qui place New Delhi face à ses ambiguïtés géostratégiques. L’Inde a ainsi annoncé qu’elle ne participerait pas aux manœuvres en mer du Japon.

Avec notre correspondant à Bangalore, Côme Bastin

Ce n’est pas la première fois que l’Inde participe à des exercices conjoints avec la Russie, allié historique sur le plan militaire, ainsi que certains pays satellites de l’URSS. Mais l’opération Vostok 2022, qui a débuté jeudi dans l'Extrême-Orient russe, s’annonce comme un casse-tête, car elle implique la Chine.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Inde refuse de s’opposer frontalement à la Russie. Mais elle redoute dans le même temps un rapprochement de Moscou avec Pékin, qui menace ses frontières dans l’Himalaya.

Des impératifs contradictoires, comme l’explique Harsh Pant, spécialiste des relations internationales à l'Observer Research Foundation de New Delhi : « L’Inde participe, car elle ne veut pas pousser la Russie dans les bras de la Chine. Mais dans le même temps, elle a refusé de prendre part aux manœuvres en mer du Japon. Le pays a en effet exprimé la plus ferme objection à ce déploiement chinois. L’Inde tente de jongler entre alliés, mais cela devient de plus en plus difficile. Parce que les tensions entre l’axe Russie-Chine et l’Occident ne font que s'accroître. »


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