«L’impact positif de l’immigration sur le financement des retraites n’a jamais été démontré»

Sugy, Paul
/ Mehdi Chebil/Mehdi Chebil

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Jean-Paul Delevoye a estimé vendredi 29 novembre à Créteil «qu’il faudra 50 millions» d’immigrés supplémentaires «pour équilibrer la population active en 2050, en Europe». Pour Yves Mamou, l’immigration a au contraire déstabilisé les systèmes sociaux de nombreux pays européens.

Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Hezbollah, dernier acte (éd. Plein jour, 2013) et Le Grand abandon. Les élites françaises et l’islamisme (éd. L’Artilleur, 2018)

FIGAROVOX.- En déplacement à Créteil, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a déclaré: «il faudra 50 millions de population entre guillemets étrangères pour équilibrer la population active en 2050, en Europe». L’immigration est-elle un remède à la crise de notre modèle social?

Yves MAMOU.- Cela fait trente qu’il existe un puissant courant d’immigration continue en France et en Europe, en provenance du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. À ma connaissance, aucune étude n’a jamais montré l’impact positif de cette vague d’immigration sur le financement des caisses de retraite. Les bénéfices économiques de l’immigration, c’est toujours au futur qu’on nous les annonce.

L’idée que les migrants sont et seront de plus en plus nécessaires pour payer les retraites des populations européennes qui ne font plus d’enfants et vivent trop longtemps, est un mensonge qui a la peau dure. L’époque est finie où l’industrie avait besoin de toujours plus de main-d’œuvre déqualifiée pour les chaînes de montage, les ateliers textiles et les usines de jouets. Il faut aller se promener dans les usines automobiles pour constater le grand silence généré par la robotisation à outrance de la fabrication des voitures. L’immigration ne sert plus aujourd’hui qu’à maintenir des salaires bas en France et en Europe dans un certain nombre de secteurs clés pour la bourgeoisie urbaine: la (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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