L’homme consomme du tabac depuis plus de 12.000 ans

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Les hommes fumaient et mâchaient du tabac 9000 ans plus tôt que les archéologues ne le pensaient.  (Photo: Emmanuel Lavigne / EyeEm via Getty Images)
Les hommes fumaient et mâchaient du tabac 9000 ans plus tôt que les archéologues ne le pensaient. (Photo: Emmanuel Lavigne / EyeEm via Getty Images)

SCIENCES - Quatre graines de tabac carbonisées ont été exhumées par des archéologues américains sur le site de Wishbone, proche du Grand Lac Salé, dans l’Utah. Nichées dans une cheminée datant de 12.300 ans, elles prouvent que les autochtones américains consommaient déjà cette plante aux feuilles riches en nicotine, détaille un article publié ce lundi 11 octobre dans Nature Human Behaviour.

Jusqu’alors, les preuves les plus anciennes proviennent de pipes à fumer suggéraient que les premiers utilisateurs de tabac vivaient en Amérique du Nord, il y a environ 3000 ans.

Les archéologues ont dû déterminer si ces semences trouvées dans un foyer préhistorique étaient réellement consommées par l’homme. Car elles auraient, en effet, pu être utilisées comme combustible ou ingérées par un gibier cuit dans la cheminée. Mais ces deux hypothèses ont été écartées.

Concernant la première théorie, la plante de tabac n’est pas un combustible probable. Elle brûle rapidement et ne peut pas générer un feu suffisamment puissant pour la plupart des cuissons. Et quant à la seconde, il a été dévoilé que la plante de tabac ne fait pas partie du régime alimentaire des gibiers d’eau et elle est même parfois toxique pour eux. Par ailleurs, la plante se trouve en altitude, éloignée des milieux de vie de ces espèces aquatiques. Ainsi, le facteur naturel a été abandonné. Ces graines de tabac sont bien le fruit de la consommation humaine, estiment les chercheurs.

Deux plantes, deux usages

Mais ne vous méprenez pas, il y a 9000 ans, les chasseurs-cueilleurs ne fumaient pas pour autant comme des pompiers. Aujourd’hui, les humains inhalent de la nicotine pour se détendre, déstresser ou par addiction, et souvent individuellement. Avant, c’était une activité collective, au coin du feu au même titre que la cuisine, souligne les archéologues. Surtout, le tabac n’était pas obligatoirement fumé, la plante pouvait également être mâchée et sucée. Près du site de Wishbone, plus de 1900 préparations de boules végétales de tabac à mastiquer ont été retrouvées.

Par ailleurs, nos cigarettes sont faites aujourd’hui de tabac sec issu d’une plante: le Nicotiana tabacum. Il est plus puissant et surtout facile à commercialiser en paquets, d’où son essor. Les populations primitives d’Amérique consommaient du Nicotiana rustica, comme le pointe une étude de l’Académie américaine des sciences (PNAS).

La version primitive du tabac n’a pas pour autant disparu d’Amérique. ”On le mélange avec de la chaux. Ce qui permet de le mâcher ou de l’appliquer directement sur les corps. Il est reconnu pour ses vertus thérapeutiques», raconte au Figaro la directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l’Amérique précolombienne, Danièle Dehouve. Au Pérou, les populations quechuas l’appliquent, elles, sur les cheveux, pour éliminer les poux.

A voir également sur Le Huffpost: Des archéologues ont découvert un restaurant de fast food dans les ruines de Pompéi.

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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