L’histoire de cette une qui nous hante

Libération.fr

Je vais vous raconter l’histoire d’une photo qui m’a épouvanté, a donné des cauchemars à plus d’un collègue, et hantera tous ceux qui ont travaillé à l’élaboration de la une de Libération datée de jeudi. Et sans doute beaucoup de ceux qui l’ont vue. Cette histoire, je vais la dire le plus simplement possible. Pour instruire la «fabrique de l’information» et dire ce qu’est un choix éditorial. Les premières images ont d’abord, c’est désormais la règle, circulé sur mon fil Twitter, le 4 avril. Des enfants, corps sans vie, désarticulés. On ne s’habitue jamais à des enfants morts. D’abord, j’ai évité de les voir. Mais elles sont revenues, sans cesse. Attaque au gaz. Des adultes et toujours des enfants qui suffoquent. J’ai pensé à mes propres enfants. Comment parler de cette guerre, comment encore intéresser les lecteurs ? On sent leur lassitude. Que pouvons-nous faire, nous journalistes, vous lecteurs ? Que pouvons-nous changer ? J’ai déjà expliqué ce sentiment de honte et d’impuissance. Et le refus de baisser les bras. Expliquer, s’engager toujours, mettre de la complexité face aux simplissismes et complotismes. Mais ce 4 avril, il y a d’autres images qui font l’actualité. Il y a le soir un débat avec 11 candidats. La Syrie passera ce jour-là, encore une fois, au second plan. En 3 h 30 de télécrochet politique, un œil sur chaque écran, on se rend compte que les preuves du drame de Khan Cheikhoun s’accumulent. Tandis qu’à la télévision seul Benoît Hamon parle des victimes gazées. Le silence des dix autres, de Fillon et de Le Pen surtout, est assourdissant. Il devient évident que la journée du lendemain, passée l’écume du débat, reviendra sur la Syrie. Le matin, à la conférence de rédaction, la guerre s’impose. Que s’est-il passé à Khan Cheikhoun ? Il faut d’abord répondre à cette question. Vérifier, valider, interroger. A mesure qu’avance la journée, tandis que les images se diffusent - elles seront montrées par l’ambassadrice des Etats-Unis à la tribune de l’ONU (...) Lire la suite sur Liberation.fr

Les ONG dans le viseur des multinationales
Attentat: 8 personnes arrêtées à Saint-Pétersbourg et Moscou
En montant sur un toit, Hassan a survécu à l’attaque de Khan Cheikhoun
L’Argentine paralysée par une grève générale
Tunisie: il mixe l'appel à la prière, un an ferme

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages