Dans l’Himalaya, le risque d’inondations va tripler d’ici la fin du siècle

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Surnommé "troisième pôle", l’ensemble montagneux de l’Hindu Kush-Himalaya, du Tian Shan et du Pamir s’étend sur plus d’un million de km² et onze pays d’Asie, et compte le plus grand nombre de glaciers après les pôles. Une équipe de chercheurs sino-suisse dirigée par l’Université de Genève révèle dans une étude que le nombre de crues issues de la fonte des glaces pourrait tripler d’ici la fin du siècle.

Dans la région montagneuse de l’Himalaya, les glaciers reculent, fondent et de nouveaux lacs se forment. Cette chaîne de montagnes colossale abrite plus de 26.000 lacs glaciaires qui totalisent une superficie de presque 2.000 km². Parmi eux, l’équipe de chercheurs a dénombré 7.000 lacs d’une taille supérieure à un hectare, dont 1.200 représentent un danger, notamment dans les régions de l’Himalaya oriental et central de la Chine, de l’Inde, du Népal et du Bhoutan. La rupture d’un de ces lacs peut provoquer des crues extrêmement dévastatrices, entraînant mort et destruction sur leur passage.

Celle-ci peut se produire de deux manières différentes : dans le cas des lacs maintenus par des bastions morainiques (amas de sédiments façonnés par les glaciers), la fonte des glaciers entraîne un débordement puis la formation d’une brèche. Dans le cas des lacs se trouvant dans des dépressions laissées par le recul des glaciers, l’impact d’un éboulement ou d’une avalanche dans le lac peut provoquer un tsunami en le vidant de manière presque instantanée.

Quel que soit le type de rupture glaciaire, la cause reste la même : la fonte des glaces, donc le réchauffement climatique. Dans l’étude publiée dans Nature Climate Change, l’équipe de scientifiques a estimé l’augmentation des risques d’inondations dues aux glaciers jusqu’à 2100.

La fonte s’accélère

Leurs conclusions sont alarmantes, et indiquent que le risque de crues glaciaires pourrait tripler d’ici la fin du siècle. Pour parvenir à de tels résultats, les chercheurs ont d’abord utilisé l’imagerie satellitaire et la topographie afin de recenser les lacs glaciaires d’une superficie supérieure à un hectare, puis ils se sont appuyés sur l’étude topographique détaillée pour établir le risque associé à chacun de ces lacs.

"Nous avons comparé nos résultats avec un catalogue de crues passées de lacs glaciaires, ce qui nous a permis de valider nos approches", explique dans un communiqué Simon Allen, chercheur à l’Institut des sciences[...]

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