L’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen vers le Maroc suspendue par la justice, Darmanin fait appel

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L’imam Hassan Iquioussen, photographiée ici à gauche en juin 2004 à Escaudain, dans le département du Nord.
FRANCOIS LO PRESTI / AFP L’imam Hassan Iquioussen, photographiée ici à gauche en juin 2004 à Escaudain, dans le département du Nord.

FRANCOIS LO PRESTI / AFP

L’imam Hassan Iquioussen, photographiée ici à gauche en juin 2004 à Escaudain, dans le département du Nord.

JUSTICE - L’imam Hassan Iquioussen ne sera expulsé de France dans l’immédiat. Saisi en référé, le tribunal administratif de Paris a suspendu, ce vendredi 5 août, son expulsion vers le Maroc, estimant qu’« elle porterait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ». Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui avait demandé son expulsion a annoncé dans la foulée qu’il ferait appel de cette décision devant le Conseil d’État.

Né en France, à Denain, et vivant près de Valenciennes, Hassan Iquioussen avait décidé à sa majorité, selon Gérald Darmanin, de ne pas choisir la nationalité française. Lui affirme y avoir renoncé à 17 ans sous l’influence de son père, et avoir ensuite tenté en vain de la recouvrer. Après avoir sollicité cet hiver le renouvellement de son titre de séjour pour dix ans, il avait reçu le 3 mai notification d’un bulletin d’engagement d’une procédure d’expulsion, selon son avocate.

La semaine dernière, l’annonce de l’expulsion à venir de l’imam, très actif sur les réseaux sociaux, notamment sur sa chaîne YouTube suivie par 169.000 personnes et sa page Facebook aux 42.000 abonnés, a suscité une série de protestations.

Dans un communiqué, 31 mosquées des Hauts-de-France ont apporté leur soutien au prédicateur, estimant qu’il était victime d’une « erreur manifeste d’appréciation ». Un comité de soutien, créé après l’annonce de son expulsion par Gérald Darmanin, a lancé une cagnotte en ligne qui réunit plus de 900 personnes pour un total de 37.000 euros, « dans le but de financer les frais judiciaires » de l’imam.

Le député LFI de Roubaix-Wattrelos, David Guiraud, a critiqué cette expulsion résultant selon lui « du fait du prince », comme un « dévoiement de l’Etat de droit », tout en affirmant « ne pas être solidaire de propos homophobes ou antisémites », tenus par le prédicateur. Gérald Darmanin l’a accusé jeudi sur Cnews de « défendre » l’imam et a réclamé des « excuses » de la part de son parti.

L’avocate de l’imam Me Lucie Simon, a demandé jeudi à l’audience de « protéger les libertés fondamentales » en suspendant l’arrêté d’expulsion. « Je vous demande de vous méfier de phrases coupées et sorties de leur contexte », a argumenté l’avocate rejetant tout autant « la gravité » que « l’actualité » des propos visés par le ministère de l’Intérieur, dont les plus récents remontent à 2019 et les plus anciens aux années 1990.

« Il n’y a aucune urgence à expulser Hassan Iquioussen », a déclaré Me Simon. « Vous n’êtes pas la caution judiciaire des effets d’annonce du gouvernement », a ajouté l’avocate de l’imam, évoquant les annonces de Gérald Darmanin mercredi sur son futur projet de loi sur l’immigration.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) était également intervenue volontairement au soutien de la requête de Me Simon à l’audience. « Ces propos anciens n’ont jamais donné lieu à un refus de titre de séjour ou à une condamnation pénale », a relevé Me Marion Ogier pour l’association, défendant « le droit au respect à la vie privée et familiale ».

Dans un communiqué diffusé plus tôt dans la journée, la LDH, tout en désapprouvant les propos de l’imam, fait valoir que M. Iquioussen est né en France, « y a toujours vécu et y a fondé sa famille ».

De son côté, la représentante du ministère de l’Intérieur a estimé que les propos de M. Iquioussen « constituent le terreau d’actions terroristes ». « C’est la même rhétorique que (Mohammed) Merah », a-t-elle ajouté, faisant allusion à l’auteur des attentats de Toulouse et Montauban de 2012.

« La récurrence (des propos) plaide pour la continuité de la menace », avait-elle ajouté pour justifier la demande d’expulsion vers le Maroc. Plus tôt dans la journée, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) n’avait pas rejeté la demande de suspension de l’expulsion de M. Iquioussen. Le Maroc avait déjà délivré un laisser-passer consulaire à la France en début de semaine.

À voir également sur Le HuffPost : À Conflans, les imams appellent les mosquées à prier pour Samuel Paty

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