L’expo Bastien Vivès annulée à Angoulême, pour Rima Abdul Malak cela « pose question »

La ministre de la Culture Rima Abdul-Malak le 10 novembre 2022 à l’Élysée
LUDOVIC MARIN / AFP La ministre de la Culture Rima Abdul-Malak le 10 novembre 2022 à l’Élysée

CULTURE - Le Festival d’Angoulême a-t-il mal agi en annulant l’exposition consacrée à Bastien Vivès ? Ce lundi 16 janvier, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak livre une position mitigée et regrette notamment le « manque de débat » après la polémique visant le dessinateur, désormais sous le coup d’une enquête préliminaire pour diffusion d’images pédopornographiques.

L’annulation de l’exposition « pose question » estime Rima Abdul Malak dans une interview au journal Le Monde. Elle regrette « un manque d’explication en amont » sur le choix de l’artiste mais aussi le « manque d’un temps de débat nécessaire après la polémique ». « Je respecte le choix du festival », assure-t-elle néanmoins, pointant « les propos inacceptables » tenus par Bastien Vivès.

Le 14 décembre, après l’indignation de plusieurs autrices, le festival d’Angoulême a déprogrammé l’exposition Vivès en raison des « menaces » reçues par la direction. L’auteur-dessinateur avait eu carte blanche pour organiser lui-même une rétrospective sur l’ensemble de son travail. Les organisateurs du festival ont cependant réaffirmé leur soutien au dessinateur, estimant que « son œuvre, dans son ensemble, relève de la liberté d’expression ».

Une plainte contre Bastien Vivès et trois maisons d’éditions a depuis été déposée par une association de protection des mineurs pour diffusion d’images pédopornographiques, incitation à la commission d’agressions sexuelles sur mineurs et diffusion à un mineur de messages violents. La plainte vise précisément « La décharge mentale » (éd. Les Requins Marteaux, 2018), « Les Melons de la Colère » (éd. Les Requins marteaux, 2011), ainsi que « Petit Paul » ( éd. éditions Glénat, 2018).

« Personne n’avait encore vu cette exposition »

« Pour les trois BD incriminées, c’est à la justice de trancher sur leur caractère pédopornographique », juge la ministre de la Culture dans Le Monde. Mais, souligne-t-elle « personne n’avait encore vu cette exposition. Aucun des dessins sur lesquels aujourd’hui il y a des plaintes n’était inclus. »

Bastien Vivès a présenté ses excuses pour ses propos les plus virulents, notamment à l’encontre de la dessinatrice Emma. « À aucun moment je n’ai voulu blesser des victimes de crimes et abus sexuels. Et je tiens évidemment, si mes propos ont pu heurter ces personnes, à leur présenter mes plus sincères excuses », a-t-il écrit sur Instagram mi-décembre.

Dans une interview au Parisien le 13 décembre, avant l’annulation de l’exposition, Rima Abdul Malak avait déjà estimé qu’«on ne peut pas réduire cet auteur à deux bandes dessinées et quelques phrases dites en interview ». « On ne peut pas attendre des artistes qu’ils soient consensuels, qu’ils ne traitent pas de sujets qui peuvent être tabou. La monstruosité est traitée dans l’art. C’est un espace qui peut être cathartique. Ensuite, c’est la manière dont on accompagne la réception d’une œuvre qui importe », avait-elle fait valoir.

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