L’ex-président Puigdemont sur le banc des exilés

Libération.fr

La stratégie de fuite de l’ancien chef de l’exécutif régional laisse un goût amer à plusieurs figures du camp indépendantiste, dont l’unité pourrait ne pas subsister au-delà du procès.

Début février, la paisible rue de l’Avocat à Waterloo, dans le Brabant wallon (région francophone de Belgique) a perdu de sa tranquillité. On a vu affluer des voitures immatriculées en Espagne et des sympathisants brandissant des senyeras esteladas, le drapeau jaune et rouge frappé d’une étoile de la Catalogne indépendante. Président déchu de la région, en fuite pour échapper aux poursuites de la justice espagnole, Carles Puigdemont s’est installé dans cette coquette villa de 550 m2, à une vingtaine de kilomètres de Bruxelles, louée à un ami pour 4 400 euros mensuels, à en croire les médias belges.

Rebaptisée «Maison de la République», la demeure est le quartier général de l’ancien maire de Gérone, depuis laquelle il continue de peser sur les décisions politiques du camp indépendantiste à Barcelone. Quand les élections législatives anticipées de décembre 2017 ont donné une nouvelle majorité aux séparatistes à l’Assemblée régionale, Carles Puigdemont s’est longtemps obstiné dans une attitude intransigeante : il prétendait conserver son fauteuil à la tête de la région sans quitter la Belgique, et en prêtant serment par visioconférence. Ce que la loi espagnole ne permet pas. Et sans président pour diriger l’exécutif régional, il n’était pas possible de restaurer le statut d’autonomie de la région, suspendu par l’application de l’article 155 de la Constitution espagnole.

Waterloo. Ses alliés ont eu le plus grand mal à le faire changer d’avis. L’ancien journaliste a finalement cédé et désigné un de ses proches, membre comme lui du parti de centre droit PdeCat, pour présider la Catalogne : Quim Torra, une figure de second plan du paysage séparatiste catalan. Sitôt élu par les députés, en mai 2018, il s’est rendu dans la villa de Waterloo pour rencontrer son prédécesseur et se concerter avec (...)

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