L'"espoir" d'obtenir "une solution juste" : Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, sort de son silence

Justine Chevalier
·3 min de lecture

Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, tué le 16 octobre 1984, signe la post-face du livre de son avocat Thierry Moser, dans laquelle il lui rend un hommage.

Jean-Marie Villemin ne s'était pas exprimé sur la mort de son fils Grégory, tué le 16 octobre 1984, depuis de longues années. Le père du petit garçon signe la post-face du livre de son avocat Me Thierry Moser, qui publie cette semaine Parole d’avocat*. Au fil des neufs pages écrites par Jean-Marie Villemin, il signe un vibrant hommage à son défenseur.

"Comment me résumer sinon en disant que Thierry est un grand frère pour moi avec un grand F, écrit Jean-Marie Villemin. Depuis plus de 30 ans, Thierry se bat de manière désintéressée et déterminée."

"Jamais lâché notre main"

Dans ce texte, le père de Grégory Villemin, dont la mort a été vécue comme "un anéantissement total", revient sur ces 37 dernières années au cours desquelles sa vie et celle de son épouse se sont déroulées en présence de leurs avocats. Il y a d'abord eu dans cette équipe Henri Garaud, qui "n'a jamais lâché notre main", puis Marie-Christine Garaud, la belle-fille de ce dernier, toujours avocate du couple, et Thierry Moser. L'arrivée de ce dernier intervient à un "épisode particulièrement douloureux" dans l'histoire du couple.

Au fil des lignes, Jean-Marie Villemin revient sur les erreurs au cours de l'instruction conduite par le "triste" juge Jean-Michel Lambert, qui a notamment décidé de la mise en cause et de l'incarcération de Christine Villemin, que le magistrat soupçonnait alors d'être à l'origine de la mort de Grégory. Saluant l'implication et les actions de Thierry Moser, le père de l'enfant déplore le "parti pris" et "l'absence d'objectivité" du juge et des policiers du SRPJ de Nancy.

Espoir

A chaque étape de ce parcours judiciaire, le couple Villemin s'appuie sur son avocat. Quand Christine Villemin tente de se suicider en 1985 après que son renvoi aux assises a été ordonné, c'est à Thierry Moser qu'elle adresse une ultime lettre. Quand Jean-Marie Villemin est libéré sous conditionnelle en 1993, c'est Thierry Moser qui le ramène à sa famille le soir de Noël. Quand il s'agit de défendre le père de famille, lors de son procès pour le meurtre de Bernard Laroche, c'est encore Thierry Moser qui prendra la parole en premier.

Christine Villemin blanchie, Jean-Marie Villemin ayant purgé sa peine, les parents de Grégory poursuivent, aux côtés de leur avocat, leur combat pour obtenir la vérité sur la mort de leur enfant. C'est à ses côtés qu'ils vont jusqu'en Suisse pour obtenir de nouvelles expertises scientifiques qui vont permettre à la justice de rouvrir le dossier et qui vont mener à la mise en examen des époux Jacob et de Murielle Bolle.

"Un rebondissement qui nous fait espérer l'élucidation du crime dont notre enfant est la malheureuse victime", écrit Jean-Marie Villemin.

"En mémoire de Grégory"

Mais un vice de procédure entraîne l'annulation de ces mises en examen. Peu importe, le combat se poursuit aujourd'hui alors qu'un supplément d'information a été confié à un juge de Dijon. Et les "péripéties procédurales" n'attaquent pas l'espoir du couple Villemin d'un jour démasquer le ou les auteurs du meurtre de leur fils.

"Nous espérons, Christine et moi, nos avocats, que nous pourrons enfin aboutir, dans un avenir pas trop éloigné, à une juste solution. Il le faut par respect pour la mémoire de Grégory."

* Parole d’avocat, Thierry Moser, La Valette éditions, 285 pages, 23 €

Article original publié sur BFMTV.com

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