L’entretien entre Emmanuel Macron et Les Républicains ne débloque (toujours) pas la situation

Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Annie Genevard photographiés après leur premier entretien avec Emmanuel Macron le 23 août.
DIMITAR DILKOFF / AFP Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Annie Genevard photographiés après leur premier entretien avec Emmanuel Macron le 23 août.

POLITIQUE - Ils sont venus. Ils ont vu. Ils sont déçus. Ce mercredi 28 août, les responsables LR reçus par Emmanuel Macron dans le cadre de sa deuxième salve de consultations pour Matignon ont fait savoir que rien de fécond n’était ressorti de cette rencontre. Du moins, selon le président du groupe de droite à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez.

Premier ministre : Macron cite la « stabilité institutionnelle » pour écarter le NFP, mais que vaut cet argument ?

« Malheureusement, cet entretien s’est avéré décevant. Aucune position nouvelle, pas de véritable projet pour les Français structuré, pas de vision de ce que serait un programme gouvernemental pour les mois à venir », a déploré le député de Haute-Loire, affirmant avoir pressé le chef de l’État d’accélérer.

« Nous avons dit au président de la République, qu’il fallait maintenant qu’il assume ses responsabilités, et qu’il nomme enfin un Premier ministre pour sortir de la crise qu’il a lui-même provoquée avec la dissolution », a poursuivi Laurent Wauquiez, jugeant que le locataire de l’Élysée « n’a plus aucune raison de procrastiner ». Pour les responsables de droite, Emmanuel Macron doit ainsi partir du « pacte législatif » présenté fin juillet par Les Républicains pour former un gouvernement qui mènerait, donc, une politique à droite toute.

« Si c’est pour conduire une politique mi-chèvre mi-chou, une politique du “en même temps”, nous ne participerons pas », a prévenu Annie Genevard vice-présidente du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, fixant donc les priorités dictées par sa famille politique comme des conditions à une « collaboration » avec le futur gouvernement. « Je veux insister sur la gravité de la situation. C’est inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, jamais un gouvernement démissionnaire n’aura autant duré », a renchéri le patron du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau, qui estime que « les Français veulent plus de sécurité, moins d’immigration et plus de pouvoir d’achat ».

Une position qui ne devrait pas arranger les affaires d’Emmanuel Macron, puisque la formule proposée par Les Républicains priverait, de facto, la future majorité du renfort d’une partie de la gauche pour résister à une éventuelle motion de censure. Sauf si cette hypothétique majorité bénéficiait du soutien, tacite, du Rassemblement national.

À voir également sur Le HuffPost :

  

Dans la course à Matignon, le Premier ministre idéal de Macron n’existe pas

Premier ministre : après le rejet de Lucie Castets par Emmanuel Macron, le Parti socialiste sur une ligne de crête