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Dans l'"enfer" d'El Olivar, dévoré par les flammes au Chili

Vue aérienne d'un terminal de bus à El Olivar localité touchée par les feux de forêts au Chili, le 3 février 2024 (Javier TORRES)
Vue aérienne d'un terminal de bus à El Olivar localité touchée par les feux de forêts au Chili, le 3 février 2024 (Javier TORRES)

Des voitures qui explosent, des maisons dévorées par les flammes: attisées par le vent, les flammes ont dévalé la colline pour transformer El Olivar en "enfer".

Les habitants de cette paisible localité proche de la station balnéaire de Viña del Mar, dans le centre du Chili, racontent, sous le choc, l'irruption soudaine des feux de forêt qui ravagent cette région très touristique et ont fait au moins 46 morts dans le pays latino-américain en proie des températures caniculaires, en plein été austral.

Rodrigo Pulgar, un chauffeur de 61 ans, se trouvait chez lui, attentif aux informations, quand l'incendie a commencé à gagner les portes de la ville.

"C'était un enfer, des explosions. J'ai essayé d'aider mon voisin à éteindre sa voiture, ma maison commençait à brûler par derrière. C'était une pluie de cendres", témoigne-t-il à l'AFP.

Peu de temps auparavant, il avait, par précaution, arrosé de l'eau sur le toit de sa maison et à l'intérieur, un réflexe qui a permis d'éviter que le feu ne la consume entièrement. Ses voisins n'ont pas tous eu cette chance.

Il ne reste plus que des pans de murs noircis pour des dizaines d'habitations à El Olivar, une zone résidentielle de 13.000 habitants avec ses toits en bois qui, située à 10 kilomètres de l'épicentre des incendies, a vécu sa propre tragédie.

- "Catastrophe sans précédent" -

La majorité des résidents sont "des personnes âgées", "la voisine est morte car nous n'avons pas réussi à la sortir", glisse Rodrigo Pulgar.

A la tombée du soleil vendredi, le feu s'est emparé de Viña del Mar, joyau de la région de Valparaiso. Dans le seul quartier de  Villa Independencia, quelque 19 personnes sont mortes et les autorités redoutent que le nombre de victimes ne s'alourdisse.

La maire de la station balnéaire du Pacifique, située à une centaine de kilomètres de Santiago, Macarena Ripamonti, assure que sa ville affronte une "catastrophe sans précédent".

A une quinzaine de kilomètres de là, dans la localité de Quilpé, des dizaines de familles ont perdu leurs maisons qui avaient été construites en zone illégale, près d'une autoroute.

Sur les réseaux sociaux pullulent les récits et les images montrant des explosions de voitures garées devant les habitations le long de rues étroites.

Samedi, les collines environnantes se sont à nouveau embrasées et les appels à évacuer ont repris. Au total, 92 incendies sont encore actifs, dont 40 sous contrôle, principalement dans la région de Valparaiso. Les pompiers, appuyés par des avions et des hélicoptères, luttent encore contre 29 foyers.

Anna Karina travaillait dans un supermarché, à quelques kilomètres de son domicile, lorsqu'elle a appris qu'El Olivar était touché par les flammes. Une panique l'a aussitôt envahie lorsqu'elle a pensé à son fils de 14 ans, seul à la maison.

"La seule chose qui me soit venu à l'esprit, c'était que mon fils était mort, que mon fils avait brûlé", souffle-t-elle.

Prise d'angoisse, cette mère de famille se souvient comment elle a marché pendant quelques minutes avant de prendre un bus qui était lui-même sur le point d'être rattrapé par l'incendie.

A l'arrivée dans son quartier, Anna Karina a dû traverser à pied une rue assiégée par les flammes. Elle a fini par retrouver son fils et leur chienne Luna, à l'extérieur de la maison et a pu les secourir.

axl/vel/arm/pz/juf