«A l’ENA, ils enseignent la mauvaise foi, non ?»

Libération.fr

Pendant la présidentielle, «Libération» sonde, chaque semaine, cinq lieux de la «France invisible». Le vendredi, une brasserie de campagne à Charancieu, en Isère.

Le Crocus est bondé à l’heure du déjeuner. Mais à trois semaines du premier tour, la présidentielle passionne peu. Une tablée, puis deux, puis cinq : tous les clients refusent de s’exprimer. Les visages se ferment, avec un rictus parfois : «La politique ? Non merci.» Attablé seul, Lasmar, 47 ans, veut bien parler. Jovial grossiste en textile dans l’import-export, il exprime le même rejet : «Je suis gavé. Je ne voterai pas. J’ai le cœur à gauche mais l’affaire Cahuzac a été de trop pour moi. Je voterai aux municipales, mais au national, c’est terminé.»

C’est bien l’argent et les affaires qui font de lui un abstentionniste assumé. Lasmar dénonce le régime social des indépendants auquel il est affilié, trouve qu’il paye trop de charges, assure qu’il embaucherait si elles étaient moins élevées : «Je veux contribuer, c’est normal ! Sauf qu’il ne faut pas nous prendre pour des cons. Moi je suis super honnête, je paye toujours très vite ce que je dois, et eux ? Ils embauchent leur femme, leur fille, leur chien. Ils vivent sur une autre planète.»

Le ralliement de Manuel Valls à Emmanuel Macron ? Il se fait sarcastique : «C’est logique. A gauche, c’est l’hypocrisie totale, chacun tire la couverture de son côté. Ils sont tous potes, tous les mêmes : ils veulent le pouvoir, ils veulent briller. A l’ENA, ils doivent leur enseigner la mauvaise foi, non ?» Et Le Pen ? Pour ce Français d’origine tunisienne, qui vit depuis sa naissance dans un village voisin, pas d’alerte : «Je l’ai écoutée face à Pujadas. Elle m’a fait marrer : elle est hésitante, elle zozote… Ceux qui votent pour elle - j’en ai autour de moi, c’est courant dans les villages - sont des gens qui ne comprennent pas grand-chose et qui sont déçus. Bien sûr, le racisme est incrusté dans les bleds et je ressens la montée de l’intolérance face aux musulmans… mais (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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