L’effet Zeigarnik : quand les tâches inachevées obsèdent notre esprit

Nous aurions tendance à oublier les tâches accomplies, tandis que celles qui sont inachevées restent dans notre mémoire. C’est l’effet Zeigarnik.

L'effet Zeigarnik désigne l'hypothèse selon laquelle notre cerveau aurait tendance à davantage se souvenir des tâches inachevées plutôt que de celles accomplies. - Credit:www.alamy.com / Alamy Stock Photo / Abaca

Alors que le dimanche s'annonce paisible, une simple notification sur votre téléphone peut tout gâcher : vous avez reçu un e-mail. Automatiquement, votre cerveau classe cette tâche dans la case « à traiter demain ». Mais cette petite obligation prévue pour plus tard risque d'occuper votre pensée toute la journée, quitte à gâcher cette fin de week-end. C'est l'effet Zeigarnik.

Cet effet désigne l'hypothèse selon laquelle notre cerveau aurait plus tendance à se souvenir des tâches inachevées plutôt que de celles déjà bouclées. En d'autres termes, le fait d'interrompre quelque chose est le meilleur moyen de se le rappeler. Le fait de s'engager dans la réalisation d'une démarche crée une motivation qui reste insatisfaite tant que la tâche est interrompue. Au contraire, les « affaires classées » ont tendance à sortir de notre mémoire. C'est le cas des cours ou des présentations apprises par cœur qui, une fois restitués, finissent presque dans l'oubli.

L'effet Zeigarnik tient son nom de la psychologue russe Bluma Zeigarnik. Un jour, alors qu'elle est assise dans un restaurant très fréquenté, elle remarque que les serveurs ont de meilleurs souvenirs des commandes impayées (ou des tâches inachevées), tandis que, une fois l'addition réglée, ils ont du mal à se souvenir des détails exacts de la commande. La chercheuse en psychologie suggère alors que le fait de ne pas accomplir une tâche crée une tension cognitive sous [...] Lire la suite