L’avocat kényan Paul Gicheru comparait de son plein gré devant la CPI

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L’avocat kényan Paul Gicheru a comparu vendredi après-midi devant un juge de la Cour pénale internationale à La Haye. Le suspect est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en 2015 par le bureau du procureur, qui lui reproche d’avoir suborné des témoins en faveur du vice-président kényan William Ruto. L’accusation avait lors de ce procès dénoncé des interférences avec les témoins.

Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Mais pourquoi Paul Gicheru s’est-il rendu volontairement à la Cour pénale internationale ? Pourquoi cette reddition, cinq ans après avoir contesté avec succès son transfèrement vers La Haye ? Certains, au Kenya, y voient un calcul politique. Et si la première audition de Paul Gicheru devant la CPI ne dit encore rien de ses motivations. Mais elle lève néanmoins quelques inconnues.

« Il n’a pas été contraint à la reddition », a-t-il expliqué. Il aurait d’ailleurs lui-même réglé les frais engagés pour rejoindre les Pays-Bas. Et le Kényan, qui porte tout à la fois les casquettes d’avocats et de suspect, ne plaidera pas « coupable » de subornation de témoins, a-t-il déjà dit au juge

« Je souhaite que soit consigné au procès-verbal, que je n’ai pas l’intention d’admettre les chefs d’accusation au titre de l’article 65. Je tiens donc à déclarer, à des fins de clarté, que les allégations qui m’ont été lues ne sont pas vraies, elles sont fausses. Les six sont fausses. »

Accusé de subordination de témoins

Paul Gicheru aurait dirigé un plan visant à suborner les témoins du procureur lors du procès de William Ruto. En échange d’argent, ou d’un poste de travail, certains auraient accepté de revenir sur leur déposition.

Le procès ne s’ouvrira pas avant plusieurs mois, mais il pourrait faire la lumière sur quelques-unes des zones d’ombres de l’affaire Ruto devant la CPI. William Ruto avait bénéficié en 2016 d’un non-lieu au terme de trois ans de procès. Il devait alors répondre de crimes contre l’humanité commis lors des violences post-électorales de 2007 et 2008.