L’avenir de Marseille se joue dans ses écoles

Yvon Berland
Les enfants et leur nouvelle enseignante le premier jour de la rentrée scolaire, à l'école des Caillols à Marseille, le 2 septembre 2019.

En ce 24 janvier, la journée internationale de l’éducation est là pour nous le rappeler: seule l’éducation peut permettre de parvenir à l’égalité pour tous et briser ainsi le cycle du déterminisme dans un pays comme le nôtre où six générations sont nécessaires pour sortir de la pauvreté. Parce que l’école est en grande partie le lieu qui conditionne ce que nous sommes, l’échec scolaire est insupportable. Creuset de la promesse républicaine, elle joue un rôle fondamental dans l’édification de notre société, où les réussites individuelles sédimentent la cohésion nationale.

Lors de sa campagne pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron l’avait martelé: “l’école est le combat premier”. C’est pourquoi, depuis 2017, l’accent a été massivement porté sur les fondamentaux: la maternelle et l’école primaire. Là où tout se joue. Là où les premières inégalités se créent et ne se rattrapent pas. Dans la pratique, cette ambition s’est traduite, entre autres, par la scolarisation obligatoire à trois ans, le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les territoires dits “prioritaires”, la création du dispositif “devoirs faits” ou le plan mercredi pour amplifier l’impact social du périscolaire. Mises bout à bout, ces mesures dessinent une ambition inédite de transformation du pays par l’éducation, levier unique de justice sociale.

Cette ambition est impérative à Marseille. Plus qu’ailleurs, le capital humain y est dévalorisé: 17% des Marseillais âgés de 15 à 29 ans n’ont aucun diplôme et, chaque année, 14% des jeunes sortent de l’école sans aucun certificat délivré par l’Éducation nationale. Par capillarité, Marseille enregistre des taux de chômage et de pauvreté systématiquement plus élevés que dans le reste de l’Hexagone.  

Derrière la lecture froide des statistiques se cache, en outre, une réalité: les écoles marseillaises sont aux urgences. L’école de la République, notre bien commun, a été délaissée: insalubrité, vétusté, absence de chauffage, présence d’amiante, etc....

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