Dans l’Aube, les affaires confortent l’abstention

Libération.fr

«Voyous», «pantins», «promesses jamais tenues»… A Romilly-sur-Seine et dans d’autres communes alentour, les habitants qui n’avaient pas encore abandonné la politique avant les révélations sur François Fillon ont vu leur motivation pour aller voter largement entamée.

L’heure du déjeuner approche et, dans la rue commerçante désormais quasi déserte, des haut-parleurs crachotent la chanson Sans contrefaçon de Mylène Farmer. Originaire d’un pays où la démocratie n’existe pas - le Soudan -, et sans compter l’actualité, on était intrigué par le phénomène de l’abstention en France. Pourquoi des gens qui en ont la possibilité n’exercent-ils pas leur droit de vote ?

Volatile

Ce samedi-là, on se rend à Romilly-sur-Seine (Aube, 14 000 habitants) et dans ses environs pour comprendre. Devant un magasin de chaussures, nous rencontrons Fara. A peine la conversation engagée, la sexagénaire s’emporte à l’évocation du mot «politique» : «Je suis dégoûtée ! Dégoûtée ! Dégoûtée !»martèle-t-elle en faisant de grands gestes. Elle bout. «Je vais pas me casser la tête pour eux, c’est bon, hein», marmonne-t-elle. Le responsable de sa colère : François Fillon. «Il avait dit qu’il était quelqu’un d’honnête ! C’est ça qui m’a fait mal ! Je suis trop écœurée», se désole cette retraitée, ancienne secrétaire dans la métallurgie. A cause du scandale qui n’en finit pas, elle ne votera pas à l’élection présidentielle. Ce sera la toute première fois qu’elle s’abstient. Fara a tracté pour Jacques Chirac en 1995. Longtemps, lors des scrutins, elle a glissé «un bulletin Arlette Laguiller au premier tour - pour qu’elle ait ses 5 % et que ses frais de campagne soient remboursés - et un pour la droite au second». Sauf en 2012 : «Hollande.» Hier volatile - plutôt «apolitique», dit-elle -, Fara sera demain abstentionniste, à cause des affaires. Et, affaire Fillon oblige, c’est l’occasion de prendre la température - côté votants - d’une campagne épineuse dans la commune où un électeur sur quatre ne s’est pas (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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