L’Assemblée nationale, vitrine de la dédiabolisation du RN

GAUTHIER BEDRIGNANS/Hans Lucas via AFP

L’Assemblée nationale française, cette vitrine de la dédiabolisation au quotidien. C’est ce qu’observe The Guardian ce 12 janvier, jour où le Rassemblement national (RN) compose sa première niche parlementaire au Palais-Bourbon et dispose d’un jour pour défendre ses propositions de loi. Selon le quotidien britannique de gauche, la journée sera emblématique de l’attitude du groupe parlementaire de Marine Le Pen depuis son succès électoral lors des législatives 2022. Plutôt que de chercher la polémique, “il s’agit de montrer que nous sommes capables de gouverner”. Pour atteindre ce but, ils suivent la formule “s’habiller et se comporter de manière impeccable”, résume le quotidien.

Ainsi, la niche du RN ne comporte nul texte sur l’immigration ou la sécurité, mais “des textes concrets pour améliorer [la] vie quotidienne”, comme l’avait annoncé Marine Le Pen la veille. Elle comporte notamment des idées empruntées, voire reprises, aux autres groupes, et des propositions portant sur des hausses de salaire, la suppression des “zones à faibles émissions” dans les villes ou encore l’introduction d’uniformes scolaires.

Sortir des carcans idéologiques

Pour Marine Le Pen, il s’agit de profiter de la présence en nombre exceptionnel de députés de l’extrême droite à l’Assemblée nationale pour franchir une étape importante dans le processus enclenché de longue date pour assainir l’image de son parti et couper définitivement avec celle d’un parti autoritaire et antisémite”, note le Guardian. Dans le viseur de la fille de Jean-Marie Le Pen se trouve plus que jamais la présidentielle de 2027, qui sera pour elle l’occasion d’une quatrième candidature à l’Élysée.

Sa démarche à l’Assemblée nationale, explique le journal londonien, “consiste à ne pas se laisser enfermer dans des carcans idéologiques : parfois, son parti donne son appui au gouvernement centriste d’Emmanuel Macron, par exemple en votant en faveur des mesures relatives au coût de la vie ; parfois, il soutient au contraire les idées de la gauche radicale, et se montre favorable à la motion de censure présentée par la gauche contre le gouvernement”. Pour Marine Le Pen, c’est faire preuve de “bon sens” et de “pragmatisme”.

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