L’arrangeante théorie du «vote caché»

Libération.fr

Face à des sondages en berne, le camp Fillon préfère observer la mobilisation dans les meetings ou sur le Web, preuve selon lui d’un réservoir d’électeurs.

Ils seraient là, tout près, un peu honteux, pas très fiers d’eux, mais tapis dans l’ombre… Des bataillons d’électeurs de François Fillon qui passeraient sous les radars des sondages, préférant taire leur penchant pour ce dernier. Le fameux «vote caché», c’est la théorie à laquelle se raccrochent désormais les soutiens du candidat pour certifier que rien n’est perdu.

Incrédules face aux enquêtes d’opinion, ils se rassurent en s’appuyant sur d’autres baromètres, comme la mobilisation des militants dans les meetings ou le poids numérique de leur champion sur les réseaux sociaux (lire ci-dessus). Des indices qui les confortent dans leur idée que Fillon, scotché à la troisième place, est en fait sous-estimé quand le score de Macron, lui, serait gonflé. Non, «la droite ne pèse pas que 17 % en France», s’exclame un député LR. Pour la porte-parole Valérie Boyer, «les gens n’ont pas forcément envie de dire qu’ils votent pour François Fillon même si leur vote lui est acquis».«Il y a un tel acharnement que des électeurs n’osent plus dire aux enquêteurs qu’ils vont voter François Fillon», renchérit son conseiller spécial, Jérôme Chartier.

Rougir. La martingale laisse toutefois les sondeurs sceptiques. D’abord parce que depuis 2012 les instituts ont généralisé leurs enquêtes sur Internet. Si le fait d’avoir des réserves par téléphone peut se concevoir, la gêne en ligne est plus discutable. «Dans les discussions personnelles, compte tenu du contexte des affaires, il peut y avoir un côté "vote honteux", mais je vois mal les personnes interrogées rougir devant leur ordinateur à l’idée de cocher la case Fillon», sourit Yves-Marie Cann (Elabe). Le phénomène du vote caché, traditionnellement associé à celui en faveur du FN - en particulier du temps de Jean-Marie Le Pen - n’aurait par ailleurs plus lieu d’être car «la parole (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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