L’Arménie veut renforcer sa coopération militaire avec la Russie

·3 min de lecture

Ce samedi, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a plaidé pour un renforcement des liens militaires entre son pays et la Russie. Cette déclaration intervient moins de 2 semaines après la défaite militaire cuisante de son armée dans le conflit du Haut-Karabakh face à l’Azerbaïdjan, lequel récupère nombre de territoires autour de cette enclave séparatiste après les avoir perdus juste après la chute de l’URSS. Après l’accord du 9 novembre, signé sous l’égide de Vladimir Poutine, près de 2 000 soldats de la paix russes ont été déployés au Karabakh.

Avec notre correspondant à Tbilissi, Régis Genté

« Nous espérons que nous pourrons renforcer la coopération avec la Russie non seulement dans le domaine de la sécurité, mais aussi de la coopération militaire et technique. » C’est par ces mots que Nikol Pachinian a salué ce samedi la venue à Erevan des ministres russes de la Défense et des Affaires étrangères, Mrs Shoïgou et Lavrov.

Voilà de quoi satisfaire la Russie, qui dispose déjà de deux bases militaires en Arménie et qui vient d’installer durablement 2 000 hommes en armes sur ce que Bakou considère comme son territoire, le Haut-Karabagh.

Moscou peut d’autant se frotter les mains, en renforçant ses positions militaires dans ce Sud-Caucase si sensible, aux portes de l’Iran et du Moyen-Orient, que M. Pachinian est perçu comme ayant des inclinations pro-occidentales.

En arrivant au pouvoir au terme de la révolution de velours du printemps 2018, il avait, il est vrai, apporté avec lui de nombreux cadres qui travaillaient jusqu’alors pour des ONG internationales et anglo-saxonnes.

Voilà qui n’avait pas plu au Kremlin, un Kremlin que M. Pachinian s’est efforcé de satisfaire en permanence depuis 2 ans, en conduisant la politique étrangère la plus pro-russe qu’a jamais connue l’Arménie.

► À écouter aussi : Haut-Karabakh: les dessous d’un conflit

♦ Haut-Karabakh : Macron tente de revenir dans le jeu

Emmanuel Macron appelle la communauté internationale à trouver une solution politique pour le Haut-Karabakh. Le Président français a rendu visite à une association qui vient en aide à la communauté arménienne. Il tente de s’impliquer à nouveau dans ce dossier.

Après en avoir été mis à l’écart, Emmanuel Macron tente de revenir dans le jeu diplomatique. Car malgré les initiatives du président français, c’est bien sous l’égide de la Russie qu’un cessez-le-feu a été conclu le 9 novembre dernier.

Un cessez-le-feu qui « n’est aucun cas un accord politique », a souligné Emmanuel Macron lors de son déplacement de samedi.

« Le retour des réfugiés », « le statut du Haut-Karabakh », la « clarification sur les frontières » ou encore « le retour des jihadistes venus de Syrie », pour le chef de l’Etat, toutes ces questions ne sont pas réglées.

Emmanuel Macron – qui s’est entretenu avec ses homologues arméniens et azéris vendredi - appelle le groupe de Minsk à se mettre au travail, c’est-à-dire la Russie, la France et les Etats-Unis, que le chef de l’Etat accuse en creux de se désintéresser de ce conflit.

Emmanuel Macron critique aussi le choix du président Arménien d’ « avoir laisser » les Russes et les Turcs à la manœuvre, une « erreur funeste pour l’Arménie », selon Emmanuel Macron.

Le chef l’Etat français tente donc de reprendre la main. Il annonce aussi l’envoi d’aide humanitaire pour les Arméniens touchés par la guerre. Un premier avion part de France ce dimanche.

(RFI)