«L’Apparition», la Vierge marrie

Libération.fr

Xavier Giannoli ne fait pas de miracle dans ce film qui suit une enquête canonique sur la véracité d’une vision divine.

C’est un film dont il faudrait, pour dire l’inexplicable inanité, s’autoriser à raconter la fin et dire l’embarras où elle nous abandonne après nous avoir fait miroiter un fabuleux vertige deux heures et demie durant. Mais puisque cela serait perçu comme un acte de sabotage malfaisant, on se contentera de décrire l’inconfort dans lequel nous plonge le préambule. Le personnage de Jacques Mayano (Vincent Lindon), grand reporter à Ouest-France, nous y est présenté à la source de la crise de foi - tout du moins présentée comme telle - dont on s’imagine légitimement, à ce moment, qu’elle va teinter le film tout entier.

Vernissage. Quelque part au Moyen-Orient, le baroudeur prend la mesure du traumatisme qu’il vient de subir après la mort de son compagnon de reportage, par le biais du cinéma : quelques images parlantes (un objectif d’appareil photo que l’on nettoie du sang qui le macule, un cercueil sanglé dans un avion militaire) et du montage, qui accompagne le personnage jusqu’à son retour en France. Puis le film bégaye avant de tout à fait commencer : par le biais d’un discours prononcé sur le disparu au vernissage d’une exposition de ses photos, le synopsis nous est répété en mots et Lindon est forcé de surjouer de nouveau son trouble en occultant de cartons les fenêtres de sa maison, comme un dément.

Dès ce moment, il apparaît évident que le film souffrira du fait que Xavier Giannoli ne fera pas suffisamment confiance au cinéma pour le laisser s’épanouir. Un comble, au vu de ce que raconte l’Apparition : l’auscultation d’un miracle (la Vierge Marie apparaissant à une jeune orpheline dans une petite ville du Sud) et d’une commission d’enquête canonique missionnée par le Vatican pour «interdire ou autoriser la vénération sans avérer les faits». Cette méfiance du cinéaste est d’autant plus surprenante que le motif de l’enquêteur profane aux prises avec (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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