L'odyssée des soldats africains prisonniers de guerre entre 1940 et 1944 racontée par une historienne

Pierre Magnan
En 1939, la France mobilise ses troupes coloniales pour affronter l'Allemagne nazie. Après la débâcle de 1940, les Allemands se retrouvent avec des dizaines de milliers de prisonniers, dont nombre d'entre eux viennent des colonies. Commence pour ces derniers un parcours très particulier qui se termine pour certains tragiquement. C'est ce trajet que raconte le livre d'Armelle Mabon.

Prisonniers de guerre 'indigènes'... tel est le titre du livre qu'Armelle Mabon consacre à ces soldats venus de l'empire colonial pour défendre la France et qui ont été faits prisonniers par les Allemands. Un épisode peu connu qu'elle fait découvrir avec précision et souvent émotion. Une histoire qui s'est terminée parfois tragiquement, comme pour ceux qui ont été massacrés par la France lors de leur retour au pays, à Thiaroye au Sénégal.

Le racisme du régime hitlérien a valu à ces soldats défaits un sort particulier. Certains furent massacrés dès leur capture. "Entre la fin des combats et le début de la captivité, il existe un sombre interstice, celui des massacres dont ont été victimes les tirailleurs 'indigènes' principalement les Sénégalais", écrit Armelle Mabon qui cite un historien allemand évoquant au moins "quinze massacres perpétrés contre les tirailleurs, dont le plus connu eut lieu à Chasselay, dans le Rhône, où est érigé un monument aux morts appelé 'Tata sénégalais'."

La honte noire a laissé des traces dans l'inconscient allemand

C'est durant cette période que Jean Moulin pose l'un des premiers actes de résistance en refusant de faciliter un telle tuerie alors qu'il est préfet, préférant se trancher la gorge.

Au-delà du racisme, le rejet des soldats noirs par l'Allemagne remonte à la guerre de 14-18 et au souvenir de l'occupation du sol allemand par des troupes coloniales après le conflit. "La 'honte noire' a laissé des traces dans l'inconscient collectif. (...)

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