De "l'obusite" au stress post-traumatique : comment les malades de la Grande Guerre ont fait avancer la psychiatrie

Carole Bélingard
Face à la violence inouïe des combats, de nombreux soldats envoyés au front ont développé des troubles psychiques. Abandonnés pendant le conflit, puis tombés dans l'oubli, ils ont cependant contribué à poser les bases de la psychiatrie de guerre.

Le 14 juillet 1919, sur les Champs-Elysées, les maréchaux Joffre et Foch ouvrent la voie à leurs troupes. La France célèbre avec faste sa victoire sur l'Allemagne au lendemain de la Première Guerre mondiale, mais pleure aussi ses morts. En tête du cortège, 1 000 soldats mutilés sont applaudis par la foule. Les "gueules cassées" rappellent aux Français le sacrifice de ces soldats.

Certains d'entre eux n'ont pas le droit aux honneurs. Victimes d'hallucinations, de cauchemars, de terreurs, les blessés "psychiques" de la Grande Guerre tombent dans l'oubli. Après 1918, certains sont internés dans des asiles, d'autres ne parviennent pas à reprendre leur vie d'avant. Aujourd'hui, on poserait un mot sur ces maux : le syndrome du stress post-traumatique. Mais quand ces signes apparaissent durant la Première Guerre mondiale, ils sont pour la plupart inédits.

"Alors la peur sauta sur moi"

"Toute la journée, un feu d’enfer passe au-dessus de nos têtes ; c’est terrifiant, écrit le médecin Paul Voivenel dans ses carnets personnels. On se demande comment on ne devient pas fou. Toujours la même angoisse qui étreint au passage de ces formidables engins dont les explosions vous abrutissent et vous écroulent dans les fossés, les jambes (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi