L'Iran mène une guerre au Moyen-Orient pire que les agissements de Saddam Hussein ou Al-Qaïda

Jean-Sylvestre Mongrenier
Le porte-parole du ministère de la Défense saoudien présente les restes des missiles de croisière et des drones, d'après lui iraniens, retrouvés sur le site pétrolier attaqué d'Aramco, lors d'une conférence de presse à Riyad, le 18 septembre 2019.

Le 14 septembre dernier, une ou plusieurs salves de drones et de missiles ont détruit une partie du complexe pétrolier saoudien d’Abqaï-Khouraïs, dans la partie orientale du royaume, à une centaine de kilomètres de bases et de “facilités” ouvertes à l’armée américaine. On sait que cette attaque a amputé de moitié la production pétrolière d’Arabie Saoudite, l’un des trois premiers producteurs mondiaux. Le choc a retenti sur le marché du pétrole et les principales places boursières, mettant en en danger l’économie globale. Les engins de destruction ont-ils été propulsés par les Houthistes, depuis le Yémen, ou les milices chiites qui prospèrent en Irak? Quoi qu’il en soit, tous les fils mènent à l’Iran et au régime islamique chiite qui sévit sous ces latitudes. Nonobstant les commentaires lénifiants sur ces “mystérieuses” frappes, il est urgent d’ouvrir les yeux. “Back to basics”: les données fondamentales de ce drame géopolitique doivent être pleinement assimilées et méditées. Il est urgent de sortir du déni.

La réalité de l’“axe chiite”

S’il n’est pas possible d’expliquer la situation au Moyen-Orient par un seul facteur et de manière unidimensionnelle, la réalité de l’expansionnisme irano-chiite, les dégâts provoqués et les menaces qu’il représente, hic et nunc, s’imposent à l’analyse géopolitique. En premier lieu, il importe de mettre en perspective les faits. Curieux alliage de panislamisme et de tiers-mondisme marxisant à ses débuts, la révolution islamique chiite de février 1979 et l’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeyni sont à l’origine d’un grand chambardement au Moyen-Orient et dans le monde, accru par l’intervention soviétique en Afghanistan à la fin de la même année (décembre 1979). Depuis, une vague islamiste balaie en tous sens le Moyen-Orient, le djihadisme chiite et le sunnite se nourrissant réciproquement. Si la guerre du Golfe (1980-1988) a épuisé la version panislamique et tiers-mondiste du khomeynisme, une synthèse irano-chiite, enracinée dans le...

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