"L'Intouchable Harvey Weinstein", un documentaire sur l'ascension d'un prédateur

Louise Wessbecher

CINÉMA - On pensait avoir tout vu sur Harvey Weinstein depuis l’explosion du scandale révélé par une enquête du New Yorker publiée en octobre 2017. On s’était trompé. Le documentaire “L’Intouchable” de la réalisatrice britannique Ursula MacFarlane, au cinéma ce mercredi 14 août, apporte de nouveaux témoignages et une vision plus globale du parcours de cet homme.

Devant la caméra de celle à qui l’on doit déjà le documentaire “Charlie Hebdo: three days that shook Paris” témoigne une trentaine d’hommes et de femmes, anciens collaborateurs, victimes, camarades d’université ou journalistes qui ont croisé la route d’Harvey Weinstein de 1978 à 2017.

La particularité de ce documentaire est qu’il s’attache à tracer sur 40 ans la construction de la toute-puissance du magnat d’Hollywood. “Il retrace minutieusement l’ascension de Weinstein, son charisme aiguisé, son talent reconnu d’orateur et de négociateur”, décrit la cinéaste dans ses notes de production qui a pris soin de ne se concentrer que sur des faits antérieurs à 2017, avant que toute procédure judiciaire ne soit engagée.

Harvey Weinstein et son frère Bob en 1989, quelques années avant que Disney ne rachète leur société de production à succès Miramax

On assiste ainsi ébahi au témoignage d’une journaliste prise à partie par Weinstein lors d’une soirée mondaine, avant que le producteur ne pousse dans les escaliers son compagnon sous les objectifs de dizaines de photographes. Le lendemain, sous l’emprise tentaculaire de l’homme, toutes les photos ont été effacées. “Il faisait peur comme un gangster”, décrit un ancien employé.

Les récits les plus glaçants restent sans conteste ceux de ses victimes, dont certaines racontent là pour la première fois le viol ou les agressions sexuelles qu’elles ont subis. Leurs paroles laissent apparaître un “mode opératoire” particulièrement bien rôdé au fil d’une quarantaine d’années grâce auquel ce “véritable monstre” entraînait ces femmes dans son bureau ou dans sa chambre d’hôtel avec la connivence plus ou moins assumée de son entourage.

“Le plus terrible, c’est que le système a permis que cela arrive”, confie l’une...

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