Avec l'intelligence artificielle, l'armée veut révolutionner le champ de bataille

Romain Herreros
Florence Parly et le chef d'état-major des Armées, le général Francois Lecointre, lors d'une conférence de presse à Paris en avril 2018. 

DÉFENSE - “Je compte bien faire de l’IA une priorité de notre défense nationale”. Dans son discours à Saclay au mois d’avril, Florence Parly annonçait la couleur, en vantant “les opportunités fabuleuses qui sont offertes par l’intelligence artificielle”. Cinq mois plus tard, ce vendredi 13 septembre à Avord pour l’université de la Défense, la ministre des Armées a dévoilé les travaux de son ministère en la matière. 

Un rapport de 52 pages qui jette les bases de la doctrine française à l’égard de cette technologie, sur laquelle l’armée américaine a déjà massivement investi. “Les armées françaises ne sauraient donc se tenir à l’écart de ces développements, sous peine de manquer un tournant technologique majeur et de perdre la supériorité opérationnelle qui est la leur aujourd’hui”, note le document, qui annonce la création d’une unité spécialement dédiée à l’intelligence artificielle au sein de l’Agence d’Innovation de la Défense (AID).

Le ministère des Armées compte ainsi mettre sur pied une Cellule de Coordination de l’Intelligence Artificielle de Défense (CCIAD), qui réunira une dizaine d’experts “chargée d’animer les actions ministérielles en faveur de l’IA”. Côté budget, la Loi de programmation militaire a prévu une enveloppe de 700 millions, “soit une moyenne annuelle d’un peu plus de 100 millions d’euros”, note le rapport.

Cette initiative s’accompagne de la création d’un comité ministériel “destiné à se prononcer (...) sur les questions éthiques que pourraient soulever les développements futurs de l’IA appliquée au domaine militaire”. Car effectivement, les applications militaires de cette technologie posent de nombreuses questions. 

Renseignement et “combat collaboratif”

Selon le rapport, l’intelligence artificielle devrait affecter tous les aspects du ministère des Armées, de son administration à la gestion de ses données internes. Ainsi, Florence Parly a dressé une liste des “axes d’efforts prioritaires” sur lesquels ses équipes devront se concentrer. Parmi...

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