L'histoire de Paul Grappe du film "Nos années folles" vue par la presse des années 1920

Marine Le Breton
L'histoire de Paul Grappe de

CINÉMA - Paul Grappe était un soldat exemplaire. Jusqu'à ce qu'en 1915, il décide de déserter, se travestir et prendre l'identité de Suzanne Landgard pour éviter d'aller au front pendant la première Guerre mondiale.

Ce n'est que dix ans plus tard, en 1925, qu'il décide de vivre à nouveau sous sa vraie identité. L'histoire, qui a inspiré le film d'André Téchiné, "Nos années folles", au cinéma ce mercredi 13 septembre, avait passionné la presse dans les années 20 et fait couler beaucoup d'encre.

Voici, en partenariat avec le site Retronews, comment les journaux racontaient cette folle histoire.

"Mlle Suzanne, dite 'La Garçonne', revit en Paul Grappe, déserteur... amnistié", titre Le Petit Parisien du 5 février 1925.

Dans cet article, Paul Grappe raconte comment il a décidé de "changer de sexe... du moins quant aux apparences extérieures" et comment "pendant deux ans, dans ma chambre, je m'accoutumai, peu à peu, à un genre de vie féminin. Mes cheveux étaient devenus très longs. Je les portai d'abord en chignon ou en natte puis, lorsque la mode changea, à la Ninon. J'avais fait disparaître ma moustache grâce à l'électrolyse et je m'étais contraint à changer ma voix et à lui donner cette tonalité élevée qu'elle garde encore aujourd'hui, par suite d'une longue habitude."


Quelques jours plus tard, on apprend, dans Le Petit Parisien du 19 février 1925 que Paul Grappe avait été embauché, pendant ses années de travestissement, comme "doreuse" et "travailla en compagnie d'autres ouvrières qui ne soupçonnèrent jamais la métamorphose du déserteur".

Devenu presque célèbre, il est contacté par une agence cinématographique qui veut raconter son histoire et en filmer une partie chez "Mme veuve Olivier, directrice d'une fabrique de cadres", chez laquelle il a travaillé en tant que "doreuse".


La patronne en question "refuse de lui laisser 'tourner' chez elle ses aventures, écrit Le Matin du même jour. "Madame Olivier, dont le fils est grand mutilé de guerre,...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



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