Comment l'Assemblée gère (ou pas) les cas de harcèlement

Astrid de Villaines
L'hémicycle de l'Assemblée nationale.

PETITES MAINS - Les récits se suivent et se ressemblent. “Ce n’est pas une manageuse, elle m’en demande trop” ; “Je fais trop d’horaires, ça ne s’arrête jamais” ; “C’est un enfant gâté, il est content, puis pas content, il me fait tout refaire sans même avoir lu”...  À les entendre, certains collaborateurs parlementaires n’en peuvent plus. Épuisés, pressurisés, dans une instance qui écrit la loi mais qui semble parfois bien loin de la respecter. 

L’affaire Cabaré, du nom de ce député LREM visé par une enquête pour “harcèlement moral et sexuel” comme l’a révélé France 3 Occitanie le 4 septembre, a remis le feu aux poudres sur un dossier qui est ancien au Palais-Bourbon mais dont la gestion semble chaque fois remise aux calendes grecques. Les sept syndicats de collaborateurs parlementaires s’en sont saisi pour demander au président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, et aux présidents de groupes d’être reçus “en urgence” afin de s’assurer de la “réelle prise en compte des cas de harcèlement moral ou sexuel”. 

Ils seront reçus jeudi 12 septembre après-midi par Richard Ferrand à l’hôtel de Lassay. “Nous avons obtenu une réunion en une semaine, c’est un signe de bonne volonté”, veut croire Mickaël Levy, secrétaire général du syndicat SNCP-FO.

“Parapheurs balancés sur des collaborateurs”

Ces sujets sont sur la table depuis longtemps, mais n’ont jamais vraiment été traités par l’institution. “Le concept de libération de la parole est récent. Il n’existait pas auparavant. Les collaborateurs avaient peur de se ‘griller’. Il y avait des comportements extrêmement graves comme des députés qui balançaient leurs parapheurs sur la tête de leurs...

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