L'asile d'Asia Bibi aurait été refusé par Londres par peur de "troubles" islamistes

Cachée au Pakistan malgré son acquittement, Asia Bibi demeure à la merci d'islamistes qui exigent sa pendaison.
Cachée au Pakistan malgré son acquittement, Asia Bibi demeure à la merci d'islamistes qui exigent sa pendaison.

Où trouvera refuge Asia Bibi, toujours coincée au Pakistan malgré sa libération, en raison d'un accord entre le gouvernement de son pays et les fondamentalistes musulmans ? Vraisemblablement pas au Royaume-Uni. Le Telegraph rapporte en effet que Londres a refusé la demande d'asile politique de cette Pakistanaise chrétienne, emprisonnée depuis neuf ans et condamnée à mort pour "blasphème" après avoir bu l'eau d'un puits réservé aux musulmans.

Après avoir été acquittée par la Cour suprême le 31 octobre, mais toujours sous la menace d'être assassinée par des islamistes radicaux, lesquels ont défilé par milliers au Pakistan pour réclamer sa pendaison, Asia Bibi, actuellement cachée dans son pays, a sollicité l'aide du Royaume-Uni où vit une importante communauté pakistanaise.

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Mais d'après un groupe de militants, l'Association britannique des chrétiens pakistanais, Londres a renoncé à offrir l'asile à la mère de cinq enfants, pour une raison étonnante dans une démocratie occidentale. "La Grande-Bretagne était inquiète des troubles potentiels provoqués dans le pays, d'attaques contre les ambassades et des civils", relate au Telegraph Wilson Chowdhry, membre de l'association qui constate, amer : "Ils n'ont pas offert d'asile automatique, alors que plusieurs pays se sont proposés. La famille ne viendra définitivement pas en Grande-Bretagne".

"Le Royaume-Uni est désormais un pays qui n'est pas sûr pour ceux qui seraient victimes d'une accusation de blasphème"

Malgré l'aide extérieure apportée par le gouvernement de Theresa May, le refus d'accorder l'asile à Asia Bibi est lourd de symboles, relève ce chrétien pakistanais. D'après lui, "le Royaume-Uni est désormais un pays qui n'est pas sûr pour ceux qui seraient victimes d'une accusation de blasphème. Nous sommes parfaitement au courant qu'il y a des éléments extrémistes dans ce pays".

Réaction timorée du gouvernement britannique

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