L'Afrique du Sud s'emmêle dans le dossier d'extradition de l'ex-ministre mozambicain des Finances

franceinfo avec AFP
Pretoria met un terme à son projet d'extradition vers le Mozambique de Manuel Chang, soupçonné d'être impliqué dans un vaste scandale de corruption. Moins de deux mois après avoir pris la décision inverse.

Le sort de Manuel Chang est éminemment politique. Arrêté et détenu en Afrique du Sud depuis le 29 décembre 2018 à la demande des autorités américaines pour sa participation présumée à des prêts frauduleux de deux milliards de dollars au profit d'entreprises d'Etat du Mozambique, l'ancien chef du Trésor, âgé de 63 ans, est au centre d'intenses tractations.

Washington réclame M. Chang

Pour les Etats-Unis, il est clair que Manuel Chang, accusé d'avoir en outre perçu plusieurs millions de dollars de pots-de-vin, a escroqué des investisseurs américains. C'est pourquoi, lorsqu'en mai 2019, l'Afrique du Sud a décidé de renvoyer l'ex-ministre au Mozambique plutôt que vers les Etats-Unis, qui avaient déposé une demande d'extradition concurrente, ces derniers ont vu rouge. Et l'ont fait savoir.

Mais mi-juillet, le nouveau ministre sud-africain de la Justice Ronald Lamola change la donne. Dans un communiqué, il a tout simplement déclaré que "la décision précédente n'était peut-être pas légalement autorisée", voire "irrationnelle et incompatible avec la Constitution" sud-africaine. M. Lamola a précisé qu'il serait erroné d'extrader M. Chang vers le Mozambique car il y bénéficie toujours d'un statut d'immunité et qu'il n'y a été inculpé d'aucun crime. Enfin, de son côté, le ministère de la Justice a averti que le renvoi de M. Chang au Mozambique était également contraire aux "traités nationaux, régionaux et internationaux" signés par (...)

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